POLITIQUE
03/02/2014 02:08 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

François Legault croit qu'Yvon Bolduc doit quitter le Fonds de solidarité

PC

SAINT-EUSTACHE, Qc - Le chef de la CAQ, François Legault, croit que l'actuel président du Fonds de solidarité, Yvon Bolduc, doit quitter son poste, à la lumière des conversations entendues la semaine dernière à la Commission Charbonneau.

Et il veut que la première ministre Pauline Marois s'explique davantage sur la transaction entre le Fonds et l'entreprise de son époux, Capital BLF.

Les audiences de la Commission Charbonneau de la semaine dernière ont encore plané sur le caucus de la Coalition avenir Québec, dont les députés sont réunis à Saint-Eustache, dans la couronne Nord de Montréal, lundi et mardi, pour préparer la rentrée parlementaire de la semaine prochaine.

M. Legault n'y est pas allé de main morte, demandant à voix haute s'il était encore justifié qu'Yvon Bolduc demeure à la tête du Fonds de solidarité de la FTQ.

Dans un extrait d'écoute électronique entendu à la commission, M. Bolduc affirme que le fameux yacht de Tony Accurso a été construit à Trois-Rivières et que les pièces étaient facturées à l'entreprise Hyprescon _ et non au nom personnel de M. Accurso. Or, le Fonds de solidarité était partenaire à 50 pour cent d'Hyprescon, une entreprise de l'entrepreneur.

C'est ce qui a fait conclure à M. Bolduc que c'était comme si le Fonds était propriétaire à 50 pour cent du bateau et qu'il ne fallait surtout pas que ça se sache.

«Il se dépêche tout de suite dans la phrase suivante de dire 'faut pas que ça se sache'. Donc, M. Bolduc était prêt à cacher une fraude. Est-ce que c'est encore justifié d'avoir M. Bolduc à la tête du Fonds de solidarité aujourd'hui?» a demandé M. Legault.

Et il s'est adressé à la première ministre. «Quand va-t-elle demander le remplacement actuel du président du Fonds?»

Le chef de la CAQ a également demandé à Mme Marois de s'expliquer sur la transaction entre le Fonds de solidarité et Capital BLF, l'entreprise dans laquelle son mari Claude Blanchet était engagé à l'époque. Il souhaiterait même que M. Blanchet soit entendu par la commission.

M. Legault déplore l'attitude «pas de son, pas d'images» sur ces sujets de la part de la chef péquiste. Elle «refuse d'aller contre le copinage, contre les magouilles», alors que les citoyens qui ont entendu les témoignages à la commission sont, selon lui, «écoeurés du grattage de dos».

Le Fonds avait investi un peu moins de 3 millions $ dans l'entreprise Capital BLF. Or, des extraits d'écoute entendus à la commission ont permis de comprendre que le président de la FTQ à l'époque, Michel Arsenault, croyait disposer ainsi d'un levier, un «deal avec Blanchet» pour convaincre l'opposition péquiste d'alors de s'opposer à la tenue d'une commission d'enquête sur l'industrie de la construction.

M. Arsenault a assuré à la commission qu'il n'avait qu'envisagé temporairement de se servir de ce levier lors d'une conversation de «brainstorming» et qu'après y avoir réfléchi, il avait trouvé sa propre idée ridicule et inutilisable.

M. Legault affirme carrément ne pas croire Michel Arsenault quand il dit qu'il n'a jamais évoqué ce «deal» avec M. Blanchet lors de sa rencontre avec la première ministre qui a suivi la conversation téléphonique.

De toute façon, l'opposition péquiste avait plutôt réclamé une commission d'enquête sur l'industrie de la construction, présentant même plusieurs motions à l'Assemblée nationale à cet effet.

Rentrée ou élection

En plus de préparer la rentrée parlementaire, les députés caquistes fourbissent leurs armes en vue d'une possible campagne électorale ce printemps. Les députés caquistes assurent qu'ils seront prêts quoi qu'il arrive.

Si l'élection porte sur la charte des valeurs et de la laïcité, ils soumettront que la CAQ offre une position de compromis. Et ils croient que durant cette éventuelle campagne, il faudra bien aussi parler des dépenses publiques et de ce qu'il reste dans les poches du contribuable _ leur sujet de prédilection.

M. Legault a lui-même relevé les nombreuses annonces prévues ces jours-ci par le gouvernement Marois. «Mme Marois ressemble de plus en plus à Jean Charest. Elle est en train de faire une tournée avec notre argent, de l'argent qu'on n'a pas. Quand on dit 85 annonces de nouvelles dépenses dans la même semaine... si je suis un contribuable du Québec, je ne suis pas près de voir la couleur de cet argent-là dans mes poches.»

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