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03/02/2014 12:22 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Costa Rica: un politicien aguerri et un professeur multidiplomé au second tour de la présidentielle

Johnny Araya, le candidat de la droite au pouvoir au Costa Rica va disputer en avril un second tour face au candidat surprise de la présidentielle de dimanche, le centriste Luis Guillermo Solis, les deux candidats étant crédités d'environ 30% des voix, selon des résultats partiels mais irréversibles.

- Johnny Araya

L'ancien maire de San José, candidat du Parti de libération nationale (PLN) au pouvoir au Costa Rica, est un ingénieur agronome de profession et ancien homme de gauche converti au libéralisme.

Agé de 56 ans, ce politicien au physique massif a consacré plus de trois décennies à la municipalité de San José, où il est entré en 1982 comme membre d'un parti de gauche alors considéré comme radical, le Mouvement révolutionnaire du peuple (MRP).

Il a baigné très tôt dans la politique au sein d'une famille traditionnellement conservatrice: son oncle maternel Luis Alberto Monge fut président (1982-1986), son père Fabio Araya député et son frère Rolando ministre et candidat battu à la présidence en 2002.

Après avoir cédé aux sirènes de la droite pour être désigné maire de 1991 à 1998, il a été, après un changement législatif, élu à cette même fonction au suffrage universel, sous la bannière du PLN, puis réélu à plusieurs reprises jusqu'à ce qu'il abandonne son mandat l'année dernière pour se consacrer à la présidentielle.

Ses collaborateurs le définissent aujourd'hui comme un homme serein mais au caractère affirmé, à la fois persévérant et pragmatique. Du côté de ses adversaires, on préfère mettre en avant son manque de transparence et sa réputation de dirigeant autoritaire.

A la tête de la capitale, il s'est distingué par sa politique de modernisation de l'espace urbain et des programmes culturels séduisants, sans toutefois parvenir à décongestionner la circulation automobile, de triste réputation.

Pendant la campagne, il a proposé à ses compatriotes de leur confier le "contrat" de la "reconstruction du Costa Rica", se reposant sur un projet comportant important volet social et une refonte des infrastructures, en déclin manifeste. Il s'est aussi efforcé de se démarquer du mauvais bilan de sa formation, au pouvoir depuis 2006.

Johnny Araya est marié pour la cinquième fois et est père de trois enfants.

- Luis Guillermo Solis

Grande surprise de la présidentielle de dimanche au Costa Rica, cet historien, politologue et universitaire, social-démocrate fervent, affrontera au deuxième tour le candidat du parti au pouvoir.

Après avoir passé plusieurs mois dans l'anonymat des sondages, cet homme affable de 55 ans au cheveu rare a récemment connu une ascension météorique après avoir déjoué tous les pronostics lors de la convention de son Parti action citoyenne (PAC), qui l'a investi au terme de trois semaines de débats.

Pourtant, son parcours relève davantage du domaine universitaire que du politique. Détenteur d'une licence d'histoire de l'Université du Costa Rica (UCR) et d'une maîtrise de Sciences politiques et sociologie de l'Université de Tulane (Etats-Unis), il s'est distingué comme chercheur pour la célèbre Faculté latino-américaine de sciences sociales (FLACSO) et directeur de programme d'études politiques centre-américaines de l'UCR.

Mais en parallèle, il n'a jamais cessé de militer, d'abord pour le PLN, dont il a été secrétaire général au début des années 2000, et depuis près de neuf ans au sein du PAC.

Entre 1986 et 1990, il fut chef de cabinet au ministère des Affaires étrangères, oeuvrant à la conception et la promotion du Plan de paix pour l'Amérique centrale, qui valut le prix Nobel de la paix 1987 à l'ex-président Oscar Arias Sanchez.

En 2005, M. Solis quitte le PLN, lassé dit-il alors de la corruption qui gangrène les rangs d'un parti qu'il juge en outre coupable d'avoir abandonné la social-démocratie au profit du néolibéralisme.

En ligne avec ce coup d'éclat, M. Solis s'est posé pendant la campagne comme le champion de la lutte contre la corruption et du combat pour la justice sociale.

Education, sécurité sociale, retraites et soutien à la production nationale sont les thèmes favoris de ce féru de littérature présenté par ses proches comme attentif aux autres et pédagogue.

M. Solis est marié en secondes noces à une Espagnole. Il est père de 6 enfants.

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