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03/02/2014 10:30 EST | Actualisé 05/04/2014 05:12 EDT

Combattre à l'étranger est désormais passible de 20 ans de prison en Arabie

Le roi Abdallah d'Arabie saoudite a publié lundi un décret prévoyant jusqu'à 20 ans de prison pour participation à des combats à l'étranger et appartenance à des "groupes terroristes".

"Prendre part à des combats à l'extérieur du royaume, sous n'importe quelle forme", sera puni par des peines allant de trois à 20 ans de prison, selon le décret rendu public par l'agence de presse officielle SPA.

L'appartenance à "des groupes religieux et idéologiques extrémistes, ou considérés comme des organisations terroristes, sur le plan intérieur, régional ou international" sera également passible des mêmes peines, selon le texte.

Soutenir ces groupes, adopter leurs idéologies ou les promouvoir "à travers le discours ou l'écrit" pourra aussi conduire à la prison, précise le décret.

Le groupe de défense des droits de l'Homme Amnesty International a vivement critiqué cette nouvelle législation. "La définition des crimes terroristes dans la nouvelle loi est trop vague et pourrait être utilisée pour réprimer toute contestation pacifique", a jugé Amnesty.

"Parmi les délits considérés comme terroristes" et susceptibles de donner lieu à de "longues peines de prison", figurent "n'importe quel acte visant directement ou indirectement à 'perturber l'ordre public', 'déstabiliser la sécurité de la société ou la stabilité de l'Etat', mettre en danger l'unité nationale' (...) ou 'porter atteinte à l'Etat'", a détaillé le groupe.

"Les autorités saoudiennes cherchent une couverture légale pour (...) réduire au silence les défenseurs des droits de l'Homme", a estimé Amnesty, qui souligne que "de telles acccusations ont été utilisées contre la plupart des défenseurs des droits de l'Homme saoudiens et militants de la société civile arrêtés et poursuivis en 2013".

Depuis un an, les autorités saoudiennes multiplient les mises en garde aux Saoudiens tentés de s'engager aux côtés des rebelles syriens, majoritairement sunnites, qui combattent le régime de Bachar al-Assad.

Selon des diplomates, des centaines de Saoudiens, peut-être même des milliers, se sont néanmoins rendus en Syrie.

L'implication de Saoudiens dans des groupes jihadistes fait craindre à Ryad la résurgence à leur retour des attaques meurtrières menées entre 2003 et 2006 par Al-Qaïda dans le royaume.

Les tribunaux spécialisés dans les affaires de terrorisme ont commencé en 2011 à juger des dizaines de Saoudiens et d'étrangers accusés d'être impliqués dans cette vague d'attentats ou d'appartenance à Al-Qaïda.

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