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02/02/2014 07:06 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Netanyahu fustige des déclarations de Kerry sur les risques de boycott pour Israël

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu a fustigé dimanche des déclarations du secrétaire d'Etat américain John Kerry sur les risques de boycott de l'Etat d'Israël si ce dernier ne conclut pas rapidement la paix avec les Palestiniens.

"Les tentatives de boycotter l'Etat d'Israël sont immorales et injustifiées (...) et elles n'atteindront pas leurs objectifs", a affirmé M. Netanyahu à l'ouverture du conseil des ministres hebdomadaire.

"Premièrement, elles poussent les dirigeants palestiniens à se retrancher sur leurs positions intransigeantes et éloignent ainsi la paix", a critiqué M. Netanyahu.

"Deuxièmement, aucune pression ne me fera abandonner les intérêts vitaux de l'Etat d'Israël, au premier rang desquels la sécurité des citoyens israéliens", a-t-il ajouté.

Le chef de la diplomatie américaine a souligné samedi, lors de la conférence sur la sécurité de Munich, les conséquences pour l'économie israélienne du mouvement international de boycottage d'Israël.

"Il y a une campagne croissante de délégitimation d'Israël. Les gens y sont très sensibles. On entend parler de boycottages et d'autres sortes de choses. Est-ce que tout cela va arranger la situation ?", a lancé M. Kerry, avant de répéter que le statu quo dans le conflit israélo-palestinien était "intenable" et "illusoire".

Ces déclarations ont déclenché les foudres de la droite israélienne, dont plusieurs dirigeants ont directement critiqué M. Kerry.

Un proche de "Bibi" Netanyahu, le ministre des Affaires stratégiques Youval Steinitz, membre du Likoud (droite nationaliste), a dénoncé des propos "offensants, injustes et intolérables".

"Il n'est pas possible de forcer l'Etat d'Israël à négocier avec un révolver sur la tempe alors que nous discutons de nos intérêts de sécurité nationale les plus cruciaux", a-t-il déclaré, cité par les médias.

"Si les Palestiniens entendent qu'Israël sera plus ou moins détruit si les négociations échouent, cela ne fera que les encourager à mettre en échec le processus de paix", a argué M. Steinitz.

Samedi soir, le ministre de l'Economie Naftali Bennett, chef de file du parti nationaliste religieux Foyer Juif, avait lancé une attaque en règle contre John Kerry, expliquant qu'Israël "attendait de ses amis qu'ils se tiennent à ses côtés contre les tentatives antisémites de boycottage, et pas qu'ils les amplifient".

"Seule la sécurité apportera la stabilité économique, pas un Etat terroriste à côté de l'aéroport Ben Gourion (ndlr: l'aéroport international de Tel Aviv)", a-t-il estimé.

La campagne internationale de boycottage de la colonisation gagne en importance et en impact, comme en témoigne l'abandon jeudi par la star américaine Scarlett Johansson de son statut d'ambassadrice de l'ONG britannique Oxfam, jugé "incompatible" avec sa promotion de l'entreprise israélienne SodaStream, implantée en territoire palestinien occupé.

Le secrétaire d'Etat américain, qui a relancé les négociations israélo-palestiniennes en juillet 2013 après trois ans d'interruption, peine à rapprocher les positions des deux camps malgré ses navettes répétées dans la région.

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