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02/02/2014 06:26 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Manifestations en France contre le mariage gay et la "théorie du genre"

Des dizaines de milliers d'opposants au mariage homosexuel, à la procréation médicalement assistée pour les couples de femmes et à la "théorie du genre", devaient défiler dimanche à Paris pour une nouvelle démonstration de force révélatrice du réveil des conservatismes en France.

A Paris, les manifestants ont commencé à se rassembler à 12H00 GMT. Des cortèges sont également annoncés ailleurs en France, notamment à Lyon (centre-est).

Une semaine après les débordements qui ont marqué la manifestation anti-Hollande - 19 policiers blessés, 226 gardes à vue - , le ministre de l'Intérieur Manuel Valls a prévenu qu'il ne tolèrerait "aucun débordement" de la part des manifestants.

Après s'être mobilisés en novembre 2012 contre le mariage homosexuel, les manifestants visent l'ouverture de la procréation médicalement assistée (PMA) aux couples de femmes et la légalisation des "mères porteuses".

Le gouvernement du président socialiste François Hollande ne prévoit pourtant aucun de ses projets, mais une partie de la société française défend sa vision de la famille contre ce qu'elle appelle la "familiophobie".

Cette manifestation intervient alors qu'un climat que certains observateurs qualifient de "nauséabond" gagne la France. Le quotidien Le Monde a ainsi titré samedi en Une sur "Le réveil de la France réactionnaire".

Pays de fort débat politique et de lignes de fracture remontant pour certaines à la Révolution française de 1789, la France connaît souvent des accès de fièvre quand la gauche revient au pouvoir. Dans les années 1930, les ligues d'extrême droite se sont régulièrement mobilisées pour déstabiliser le pouvoir de gauche et la République. Dans une moindre mesure, l'arrivée du socialiste François Mitterrand à la présidence en 1981 a suscité l'exaspération de l'électorat le plus conservateur.

En cause ces dernières semaines? Une "Marche pour la vie" des opposants à l'avortement le 19 janvier, puis surtout une manifestation anti-Hollande le 26 janvier qui a débordé du cadre habituelle de la contestation politique.

Durant cette manifestation qui s'est terminée par des heurts avec la police, des groupuscules d'extrême droite qui se sentent pousser des ailes depuis le retour de la gauche au pouvoir en 2012 ont laissé libre cours à une remise en cause de la République et ont multiplié propos racistes et antisémites.

François Hollande a appelé à la "vigilance" face à "des mouvements extrémistes, racistes".

"Théorie du genre"

Dans la semaine, une nouvelle polémique a éclaté avec une folle rumeur selon laquelle l'école inciterait les enfants à rejeter leur identité sexuelle, voire même leur apprendrait à se masturber. Cette rumeur, qui n'a pas de fondement reprend l'argumentaire de groupes d'extrême droite d'inspiration catholique qui accusent le gouvernement de vouloir imposer la "théorie du genre", interprétée comme la négation de la différence des sexes et la promotion de l'homosexualité.

Les organisateurs de la manifestation de dimanche ont demandé vendredi le "retrait immédiat" d'une expérimentation en cours dans certaines écoles destinée à promouvoir l'égalité entre filles et garçons, et qui vise selon lui "à remodeler l'attitude et la manière d'être des jeunes enfants".

Cette semaine, de nombreux parents ont préféré ne pas conduire leurs enfants à l'école pour marquer leur opposition à ce programme.

Manuel Valls a également dénoncé l'apparition d'un "Tea Party à la française" et a appelé la "droite républicaine" à s'en "démarquer clairement".

Plus largement, le ministre de l'Intérieur évoque "une fronde des anti : anti-élites, anti-Etat, anti-impôts, anti-Parlement, anti-journalistes... Mais aussi et surtout des antisémites, des racistes, des homophobes... Tout simplement des anti-républicains". Il juge d'ailleurs le climat comparable avec celui des "années 1930".

bur-kat/pt

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