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02/02/2014 05:36 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Élections en Thaïlande: le scrutin s'est déroulé dans le calme

BANGKOK - Les élections nationales thaïlandaises se sont déroulées dans un calme relatif dimanche en dépit des craintes persistantes de débordements de violence. Mais la crise politique qui secoue le pays est loin d'être résorbée et l'annulation du scrutin n'est pas écartée.

Les manifestants ont tout de même forcé la fermeture de milliers de bureaux de vote dans la capitale, Bangkok, ainsi que dans le sud de la Thaïlande, empêchant des millions d'électeurs d'enregistrer leur bulletin de vote. Les sièges ne seront donc pas tous comblés au Parlement, ce qui pourrait plonger le pays dans une impasse politique de plusieurs mois si le parti élu n'est pas en mesure de former un nouveau gouvernement.

Samedi, une fusillade avait éclaté en plein jour à Bangkok entre partisans du gouvernement de la première ministre sortante Yingluck Shinawatra et des protestataires. Au moins six Thaïlandais et un photoreporter américain ont été blessés, selon les services d'urgence de la ville.

La crise, au cours de laquelle les manifestants ont occupé les artères principales de la capitale et forcé des ministères à fermer leurs portes et aller travailler ailleurs, a affecté le processus électoral à un point tel que la campagne et les habituels discours sur les plateformes des partis ont pratiquement été inexistants.

Une porte-parole du groupe Human Rights Watch, Sunai Phasuk, a souligné que l'enjeu de cette élection n'aura pas été de savoir quel serait le meilleur candidat mais bien la tenue du scrutin en lui-même.

Selon elle, la crise politique qui perdure depuis trois mois en dit long sur l'état de la démocratie en Thaïlande, «qui ne tient qu'à un fil», a indiqué Mme Phasuk.

Les résultats officiels de l'élection ne peuvent être annoncés avant la tenue d'une série d'élections partielles. La première aura lieu le 23 février.

Le conflit en cours oppose les manifestants — qui affirment vouloir suspendre la démocratie fragile du pays pour implanter des réformes contre la corruption —, et les partisans du gouvernement de Mme Yingluck. Ces derniers savent que les élections ne permettront pas de résoudre la crise, mais estiment qu'ils ne peuvent être privés de leur droit de vote.

Les manifestants réclament le remplacement du gouvernement par un conseil non élu chargé de réformer les lois politiques et électorales afin d'éradiquer les problèmes de corruption et d'influence de l'argent dans la politique.

Mme Yingluck a refusé de démissionner, se disant ouverte aux réformes et estimant qu'un conseil non élu serait inconstitutionnel.

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