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02/02/2014 10:14 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Le dessinateur américain Bill Watterson reçoit le Grand Prix de BD d'Angoulême

L'Américain Bill Watterson, père de la série culte "Calvin et Hobbes" qu'il arrêta en pleine gloire après dix ans de succès dans le monde entier, a été couronné dimanche par le Grand Prix de la bande dessinée d'Angoulême, la plus prestigieuse distinction en BD francophone.

Les autres finalistes du Grand Prix d'Angoulême, temple du 9e art dans le sud-ouest de la France, étaient le Japonais Katsuhiro Otomo pour "Akira" et le Britannique Alan Moore pour "Watchmen". Bill Watterson n'était pas présent à Angoulême pour recevoir son prix.

Les Belges Herr Seele et Kamagurka ont reçu le Prix du patrimoine pour "Cowboy Henk" et "Un Fanzine carré", revue édité à Genève, a reçu le Prix de la bande dessinée alternative.

"Calvin et Hobbes" est l'oeuvre de la vie de Bill Watterson, scénariste et dessinateur de 56 ans. Son comic strip met en scène le quotidien d'un gamin de six ans à la langue bien pendue et de son tigre en peluche qui s'anime loin du regard des adultes. Timide et perfectionniste, Bill Watterson s'est toujours dissimulé derrière ses héros de papier et a posé ses crayons quand il a estimé en avoir fini avec ses personnages.

Publiée de 1985 à 1995, la série a été diffusée dans 2.400 journaux et plus de 30 millions d'albums ont été vendus dans le monde.

Né William B. Watterson, le 5 juillet 1958 à Washington, il a grandi dans la banlieue de Cleveland, à Chagrin Falls, dont il s'est inspiré pour les décors de Calvin et Hobbes. Passionné de dessin depuis l'enfance, il est engagé comme dessinateur de presse au Cincinnati Post après des études de sciences politiques. Mais le dessin politique n'est pas pour lui.

Renvoyé du journal, il essuie plusieurs échecs, doit retourner vivre chez ses parents... Puis, le 18 novembre 1985, l'Universal Syndicate Press publie la première planche de "Calvin et Hobbes". C'est le début d'un incroyable succès pour ces vignettes qui décrivent l'imaginaire de l'enfance et se moquent gentiment du monde des adultes.

Couronné en 1986 par le Reuben Award, de la National Cartoonist Society américaine, il reçoit en 1992 le prix du meilleur album étranger au Festival d'Angoulême.

"Opposé au merchandisng"

"Ecrire et dessiner sont des actes lents, réfléchis, qui ne souffrent aucune distraction", écrit-il dans la préface d'une Intégrale Calvin et Hobbes, parue fin 2013. Il explique comment il fuit les médias, avides d'interviewer un auteur jugé inaccessible.

Et s'il admire les Peanuts, il ne cherche pas non plus à devenir fabuleusement riche comme Charles Schulz, leur auteur.

Dès 1988, débute un bras de fer avec son éditeur qui veut lui imposer des produits dérivés. Mais ce puriste refuse. Le contrat signé en 1985 l'oblige à céder tous ses droits à l'agence Universal Press Syndicate mais il finit par récupérer les droits de ses personnages et met un terme à toutes les propositions de produits dérivés.

Le 31 décembre 1995, en pleine gloire, Bill Watterson met un point final aux aventures de l'espiègle Calvin et de son tigre sarcastique, pour se consacrer à la peinture et à sa famille. "C'est une marque de respect et de gratitude envers mes personnages de leur dire au revoir au sommet de leur art, dit-il. Et je veux croire que Calvin et Hobbes prennent d'autant plus de bon temps maintenant que je ne suis plus sur leur dos !".

Le Festival d'Angoulême a également décerné le Prix du meilleur album à "Come Prima" d'Alfred, le Prix spécial du jury à "La Propriété" de Rutu Modan et le Prix de la série à "Fuzz & Pluck" de Ted Stearn.

Ce 41e Festival, ayant pour thème" la BD qui regarde le monde", a accueilli durant quatre jours des dizaines de milliers de fans, des centaines d'auteurs et des expositions phares, dont "Tardi et la Grande Guerre".

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