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02/02/2014 06:49 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Fin de la présidentielle au Salvador : l'ex-rébellion donnée favorite

L'ex-guérilla marxiste au Salvador tentait dimanche de relever le défi de son maintien à la présidence, cinq ans après en avoir chassé la droite dans un pays en proie à une criminalité incontrôlée et à un fort taux de pauvreté.

Le vote pour la présidentielle dans quelque 1.500 bureaux a commencé à prendre fin vers 17H00 (23H00 GMT), ont constaté des journalistes de l'AFP, après une journée globalement calme marquée par une participation a priori modérée par rapport aux prédécentes éditions, selon le Tribunal suprême électoral (TSE).

Après avoir mis un terme à 20 ans d'hégémonie des conservateurs avec l'élection du modéré Mauricio Funes en 2009, le Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN) présente un candidat directement issu de ses rangs : l'ex-commandant rebelle et actuel vice-président Salvador Sanchez Ceren, âgé de 69 ans.

Les dernières enquêtes d'opinion créditaient cet ancien professeur de 38,3 à 46,8% des intentions de vote, des projections favorables mais a priori insuffisantes pour franchir la barrière des 50% synonymes de victoire dès le premier tour.

S'il était élu dans ce petit pays qui peine encore à se remettre d'une guerre civile (1980-1992), M. Ceren deviendrait le troisième président latino-américain en activité issu d'une guérilla de gauche après la Brésilienne Dilma Rousseff et l'Uruguayen José Mujica.

La violence et la pauvreté, principaux défis du futur président

M. Ceren s'est engagé à poursuivre le programme anti-pauvreté de son prédécesseur et à faire de la probité une priorité de son mandat. Il a aussi garanti à ses concitoyens la "tranquillité" face à la menace des groupes criminels et des "maras", gangs d'adolescents connus pour leurs nombreux tatouages qui sèment la terreur dans le pays.

"Celui qui gagnera doit avoir conscience que dans ce pays le coût de la vie est élevé, qu'il n'y a pas de travail, et qu'il y a les +maras+ qui nous harcèlent. C'est une tâche écrasante qui l'attend", a confié dimanche à l'AFP, Argentina Campos, 41 ans.

De son côté, la droite se présente en ordre dispersé. L'Alliance républicaine nationaliste (ARENA, droite) a investi le maire de Salvador Norman Quijano, mais celui-ci risque de pâtir de la candidature dissidente de l'ancien président Antonio Saca (2004-2009). Dans les sondages, M. Quijano enregistrait de 29 à 32,8% des intentions de vote, contre de 11,6 à 14,7% pour M. Saca.

M. Quijano, âgé de 67 ans, envisage lui aussi de travailler "pour plus de sécurité et plus d'emplois", promettant notamment une "main de fer" contre les criminels. Soutenu par les milieux d'affaires mais considéré comme peu charismatique, ce dentiste de formation a bénéficié d'une large couverture des médias privés pour diffuser son discours fustigeant un adversaire qualifié de "communiste".

Toutefois, sa fin de campagne a été ternie par la tentative de fuite du conseiller de campagne de l'ARENA et ancien président Francisco Flores (1999-2004), soupçonné d'avoir détourné plusieurs millions de dollars versés par Taïwan sous son mandat.

"Un grand pacte national"

En allant voter dans un théâtre du nord-est de San Salvador dimanche matin, M. Ceren a surpris les journalistes en annonçant sa volonté de former "un gouvernement ouvert à toutes les tendances" et en appelant ses adversaires à conclure "un grand pacte national" pour le pays. Il s'est également engagé à respecter les résultats du scrutin.

Près de son bureau de vote de l'ouest de la capitale salvadorienne, M. Quijano s'est quant à lui félicité du "calme" caractérisant le scrutin, comme ce fut le cas pendant la campagne. Dans une interview avec une chaîne de télévision privée, il a également exhorté la population à participer au scrutin "dans la bonne humeur".

A l'issue du scrutin de dimanche, ou d'un second tour éventuel le 9 mars, le vainqueur héritera d'un pays en butte à un taux de pauvreté dépassant les 40% et à une violence incontrôlée.

M. Funes, qui ne peut se représenter, a tenté de juguler tant bien que mal ces deux phénomènes sans vraiment pouvoir s'appuyer sur des institutions fragiles et gangrenées par la corruption.

"Ce qu'on demande au prochain président c'est de nous apporter la paix et du travail, qu'il nous apporte davantage de sécurité", exhortait dimanche Noé Gonzalez, un retraité de 73 ans rencontré à Mejicanos, quartier pauvre à la périphérie de la capitale.

Les premiers résultats sont attendus environ cinq heures après la fin des opérations de vote.

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