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02/02/2014 07:15 EST | Actualisé 04/04/2014 05:12 EDT

Costa Rica : fin de la présidentielle, la droite face au danger d'une déroute historique

La droite costaricienne, qui présente un bilan terni par des affaires de corruption et de mauvais résultats économiques, se trouvait dimanche face au périlleux défi d'échapper à la défaite après avoir tenu les rênes du pays depuis 50 ans.

Les quelque 2.000 bureaux de vote de cette présidentielle ont fermé leurs portes à partir de 18h00 (00H00 GMT) après un scrutin sans incident dans ce petit pays dépourvu d'armée depuis 1948 et considéré comme un modèle de démocratie en Amérique centrale

Les électeurs renouvelaient aussi dimanche les 57 députés de l'Assemblée législative, aujourd'hui dominé par le Parti de libération nationale (PLN, centre droit) de la présidente Laura Chinchilla. Première femme élue à la tête du pays en 2010, celle-ci va quitter le pouvoir par la petite porte, avec une impopularité avoisinant les 60%.

Un second tour à prévoir

Pour lui succéder, Jose Maria Villalta, un député de gauche d'à peine 36 ans, et l'ex-maire de San José Johnny Araya (PLN), son aîné de 20 ans, étaient au coude à coude dans les sondages d'avant-scrutin. Cette concurrence inédite de la gauche fait trembler les caciques du PLN et du Parti unité sociale chrétienne (PUSC, conservateur), installés à la tête du pays depuis les années 1960.

Issu de la coalition du "Frente Amplio" ("Front large"), M. Villalta a enregistré une progression spectaculaire dans l'opinion au gré de ses combats pour l'écologie ou contre la corruption, souvent menés dans la rue, venant ainsi confirmer la perte du terrain des conservateurs depuis quelques années face à la gauche.

Après avoir déposé son bulletin dans une école de l'est de la capitale, M. Villalta a prédit "un changement pour sauver le Costa Rica". Un peu plus tôt, son adversaire avait affirmé qu'il allait "réussir à emporter le grand défi que constitue la victoire au premier tour".

Selon les dernières enquêtes d'opinion, les deux hommes devraient se retrouver au second tour. La pléthore de candidats (13) devrait en effet provoquer un émiettement des voix rendant peu probable une victoire dès le premier tour, pour laquelle plus de 40% des suffrages sont nécessaires.

Pour les observateurs locaux, qui relèvent le fort pourcentage d'indécis aux dernières heures de la campagne (entre 20 et 30%), ce duel pourrait même être remis en question par deux autres candidats crédités de bons scores par les sondages, l'historien Luis Guillermo Solis (centre gauche) et l'entrepreneur Otto Guevara (droite).

"Il est pratiquement impossible qu'il n'y ait pas de deuxième tour (le 6 avril, ndlr). Mais il est difficile de prévoir entre qui et qui", déclare à l'AFP le politologue Victor Ramirez.

En finir avec "ceux qui nous ont gouverné pendant 50 ans"

Flor de Maria Murillo, retraitée de 77 ans qui se dit de "sang libéral", assurait en votant "ne pas vouloir du communisme", reprenant les arguments des adversaires de M. Villalta.

De son côté, Iris Rodriguez, femme au foyer de 45 ans rencontrée dans une école du nord-est de San José, a confié à l'AFP être "venue voter avec l'espoir d'un changement, pour un gouvernement qui pense un peu aux pauvres", car selon elle "l'actuel gouvernement n'a fait que penser à ceux d'en haut".

Franklin Chacon, 73 ans, a expliqué qu'il souhaitait lui aussi en finir avec "ceux qui nous ont gouverné ces 50 dernières années".

Pour la Mexicaine Josefina Vasquez Mota, chef de la mission d'observation de l'OEA, "il s'agit de l'élection la plus importante de ces 50 dernières années au Costa Rica".

Avocat connu pour ses discours enflammés, M. Villalta s'est évertué pendant la campagne à rassurer ses 4,3 millions de compatriotes alors que ses adversaires évoquent le péril d'un gouvernement à la Hugo Chavez.

M. Araya, qui a été maire de San José pendant 22 ans, est quand à lui parvenu à se maintenir dans les sondages en teintant son discours libéral d'un vernis social, soucieux ne pas être éclaboussé par le bilan calamiteux de sa formation, au pouvoir depuis 2006.

Les premiers résultats étaient attendus moins de trois heures après la clôture du scrutin.

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