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01/02/2014 07:39 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Vifs échanges sur l'Ukraine entre Russes et Occidentaux, qui soutiennent l'opposition

Les Occidentaux, inquiets des risques d'une intervention de l'armée en Ukraine, ont eu samedi de vifs échanges avec les Russes et affiché leur soutien à l'opposition ukrainienne qui manifeste depuis plus de deux mois, lors de la Conférence sur la sécurité de Munich.

"Les Etats-Unis et l'Union européenne se tiennent au côté du peuple ukrainien dans son combat" pour se rapprocher de l'Europe, a déclaré le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Dans une claire allusion à la Russie, le chef de la diplomatie américaine a affirmé que les Ukrainiens "considèrent que leur avenir ne dépend pas d'un seul pays et certainement pas sous la contrainte".

La prise de position de John Kerry à la Conférence sur la sécurité de Munich est la plus forte exprimée à ce jour par Washington en faveur de l'opposition.

M. Kerry et ses homologues européens, dont le Français Laurent Fabius et l'Allemand Frank-Walter Steinmeier, ont décidé de rencontrer en pleine conférence les opposants qui ont lancé une mise en garde contre une intervention de l'armée à Kiev.

"Des rumeurs circulent sur l'état d'urgence et les agissements de certaines forces de sécurité" à Kiev, a déclaré une source diplomatique française. "De telles décisions ne seraient pas acceptables", a-t-elle dit.

Le parti de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko a affirmé à l'AFP que le pouvoir ukrainien était en train de préparer l'instauration de l'état d'urgence pour mettre fin à plus de deux mois de contestation.

En rencontrant les principaux dirigeants de l'opposition Vitali Klitschko et Arseni Iatseniouk, les Occidentaux montrent qu'ils les considèrent comme des interlocuteurs à part entière qui ne peuvent plus être écartés.

"La Russie et les autres pays ne devraient pas voir l'intégration européenne de ses voisins comme un jeu à somme nulle", a fait valoir John Kerry.

"C'est du cirque"

Touchés au vif, les Russes ont d'abord tenté d'ironiser sur ces réunions.

"Kerry va s'entretenir de la situation en Ukraine avec le boxeur Klitschko et la chanteuse Rouslan. C'est du cirque", avait écrit vendredi sur Twitter le vice-Premier ministre russe, Dmitri Rogozine.

Samedi, le ministre russe des Affaires étrangères Sergueï Lavrov a dénoncé les critiques de responsables de l'UE et des Etats-Unis contre le régime ukrainien et affirmé qu'ils devraient surtout condamner la "violence" des manifestants.

"En quoi les encouragements à des manifestations de rue de plus en plus violentes sont-ils liés à la promotion de la démocratie?", s'est interrogé M. Lavrov.

"Pourquoi n'entendons-nous de condamnation de ceux qui occupent des bâtiments gouvernementaux, attaquent la police, torturent des policiers et utilisent des slogans racistes et nazis?", a-t-il ajouté.

En marge de la conférence, le ministre russe a néanmoins discuté des solutions à la crise avec ses homologues américain, français et allemand.

Le mouvement de contestation né du refus de Viktor Ianoukovitch fin novembre de signer un accord d'association avec l'UE, y préférant un rapprochement avec Moscou, s'est transformé en une crise profonde qui inquiète de plus en plus à l'étranger.

Face à cette crise sans précédent, l'armée ukrainienne a exigé vendredi des mesures d'urgence, affirmant que l'escalade de la contestation menaçait "l'intégrité territoriale" de cette ancienne république soviétique.

A Kiev, les services spéciaux ont annoncé dans la nuit de vendredi à samedi avoir ouvert une enquête pour "tentative de prise de pouvoir" après avoir examiné les serveurs saisis en décembre au siège du parti Batkivchtchina, la formation de Ioulia Timochenko dirigée actuellement par M. Iatseniouk. De tels faits sont passibles d'une peine allant jusqu'à dix ans de prison.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a pour sa part annoncé qu'elle se rendrait à nouveau à Kiev la semaine prochaine pour tenter d'aider à résoudre le conflit qui a a fait au moins quatre morts et plus de 500 blessés.

La Maison Blanche s'est dite "atterrée" vendredi par les actes de torture qu'un opposant au pouvoir ukrainien, Dmytro Boulatov, a dit avoir subis.

Une ONG a recensé 33 cas de disparitions d'opposants.

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