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01/02/2014 09:08 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Ukraine: le pouvoir accuse à son tour les opposants d'avoir torturé un policier

Le pouvoir ukrainien a à son tour accusé samedi les manifestants d'opposition d'avoir "torturé" un policier, alors qu'il a été interpellé par les Occidentaux pour des cas d'enlèvement et de torture de militants d'opposition.

Le ministère de l'Intérieur a affirmé dans un communiqué que des militants d'opposition s'en étaient pris vendredi soir à Kiev à un policier en civil.

Il a été battu et emmené à la mairie de Kiev, occupée par l'opposition, où il a été "torturé" en présence d'un membre du parti nationaliste Svoboda, Iouri Levtchenko, selon le communiqué.

Le policier a été hospitalisé pour un traumatisme crânien et des contusions, selon la même source.

Le parti Svoboda a réagi vivement, dénonçant un acte de "propagande" du pouvoir ukrainien.

"C'est une nouvelle escalade de la propagande de la part du ministère de l'Intérieur. Il y a des enlèvements d'opposants, et aucune réaction du pouvoir. Au lieu de rechercher les gens, la police commence à inventer des histoires de policiers enlevés sur Maïdan (la place de l'Indépendance, occupée par les manifestants, ndlr)", a déclaré à l'AFP Iouri Sirotiouk, un député du parti Svoboda.

"Il n'y a pas même eu un incident avec un policier, tout cela est faux", a-t-il ajouté.

Le récit de Dmytro Boulatov, un militant d'opposition de 35 ans enlevé le 22 janvier à Kiev et abandonné dans une forêt jeudi après avoir été torturé, a relancé les craintes d'une répression cachée en Ukraine.

Le ministère ukrainien de l'Intérieur, qui avait avancé vendredi l'hypothèse d'une "mise en scène", a obtenu qu'il soit assigné à résidence, affirmant le rechercher depuis le 24 janvier pour "organisation de troubles massifs".

Plusieurs militants ont déjà été passés à tabac ou enlevés, et l'un d'entre eux a été retrouvé mort dans une forêt avec des marques de torture. Une ONG a recensé 33 cas de disparitions d'opposants.

La Maison Blanche s'est dite "atterrée par les indices évidents de torture infligée" à Boulatov et la chef de la diplomatie de l'UE, Catherine Ashton, s'est dite "consternée".

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