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01/02/2014 03:47 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

L'opposition ukrainienne aux Européens: "intervention de l'armée très probable"

L'opposition ukrainienne a mis en garde les Européens contre une intervention "très probable de l'armée" contre les manifestants à Kiev qui protestent depuis plus de deux mois contre le régime.

Au cours d'une rencontre à Munich avec des responsables européens dont la chef de la diplomatie de l'UE Catherine Ashton, l'un des leaders de l'opposition, Arseni Iatseniouk, "les a informés sur un projet très probable du pouvoir de recourir à la force y compris avec la participation de l'armée", selon un communiqué du parti Batkivchtchina de l'opposante emprisonnée Ioulia Timochenko.

Les militaires ukrainiens, qui ont par le passé souligné qu'ils n'interviendraient pas dans cette crise divisant l'Ukraine, sont de leur côté sortis de leur réserve vendredi, faisant monter encore plus la tension.

Ils ont appelé le président Viktor Ianoukovitch, "le chef suprême des armées", à prendre des mesures d'urgence pour "stabiliser la situation dans le pays", jugeant que son intégrité territoriale était menacée.

M. Iatseniouk s'est également entretenu avec le chef de la diplomatie allemande Frank-Walter Steinmeier et le président allemand Joachim Gauck.

Suite à ces entretiens, il a annoncé que l'Allemagne était prête à accueillir pour des soins médicaux le militant d'opposition Dmytro Boulatov qui avait raconté vendredi avoir été torturé pendant une semaine après son enlèvement le 22 janvier.

M. Boulatov, qui a raconté vendredi avoir été "crucifié et tailladé", va être assigné à résidence comme "suspect d'organisation de troubles massifs", a indiqué la police.

Le ministère de l'Intérieur a par ailleurs affirmé vendredi ne pas exclure "la mise en scène de l'enlèvement (...) afin de provoquer une réaction négative dans la société".

Son cas, qui a suscité une vive émotion en Europe et aux Etats-Unis, s'ajoute à d'autres passages à tabac et enlèvements, dont un mortel, survenus pendant le début de la contestation sans précédent qui secoue l'Ukraine. Le mouvement a été déclenché par la volte-face en novembre du président Viktor Ianoukovitch qui s'est tourné vers la Russie en renonçant à un rapprochement prévu avec l'Union européenne.

neo/pt

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