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01/02/2014 08:48 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

La Russie accuse l'Occident d'alimenter la violence en Ukraine

MUNICH - Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a dénoncé, samedi, le soutien accordé par les pays occidentaux à l'opposition en Ukraine, laissant entendre que cet appui alimentait la violence.

Depuis deux mois, l'Ukraine est aux prises avec des manifestations monstres qui ont commencé après que le président Viktor Ianoukovitch eut décidé de ne pas signer une entente qui aurait renforcé les liens du pays avec l'Union européenne pour se rapprocher de la Russie.

Les rassemblements sont demeurés plutôt pacifiques jusqu'à la mi-janvier, lorsque les contestataires, fâchés par les nouvelles lois limitant le droit de manifester, se sont engagés dans des affrontements violents avec les forces de l'ordre. Trois manifestants sont morts, dont deux par balles, durant les combats. La police affirme ne pas avoir tiré les coups mortels.

À la conférence annuelle sur la sécurité à Munich, M. Lavrov a exprimé son désaccord concernant ce qu'il a décrit comme «des politiciens européens importants qui encouragent de telles actions». Il a déclaré qu'inciter à la violence n'avait rien à voir avec la promotion de la démocratie et a déploré le fait que personne ne critique les protestataires qui saisissent des édifices gouvernementaux, lancent des bombes incendiaires sur les policiers et scandent des slogans antisémites ou nazis.

Plus tôt samedi, le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen, avait pour sa part blâmé la police ukrainienne pour son recours excessif à la force, ajoutant que l'Ukraine devait avoir la liberté de choisir la voie qui lui convenait sans subir de pressions extérieures.

L'un des principaux leaders de l'opposition ukrainienne, Arseni Iatseniouk, avait déclaré à son arrivée à la conférence vendredi que son pays nécessitait plus qu'un «soutien verbal» de la part de l'Occident, faisant valoir que l'Ukraine avait «désespérément besoin d'un plan Marshall et non d'un plan martial pour stabiliser sa situation politique et économique».

Le secrétaire d'État américain, John Kerry, devait rencontrer M. Iatseniouk et d'autres de ses collègues plus tard samedi, à Munich. Au cours d'une apparition publique dans la ville allemande, M. Kerry a critiqué la «tendance inquiétante» des gouvernements de l'Europe centrale et de l'Est, incluant l'Ukraine, à bafouer les aspirations des gens ordinaires.

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