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01/02/2014 04:03 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Egypte: reprise attendue du procès de Morsi pour meurtre de manifestants

Le procès du président égyptien destitué Mohamed Morsi pour "incitation au meurtre de manifestants" devait reprendre samedi au Caire, un des quatre dossiers pour lesquels il est poursuivi devant la justice.

Une coalition chapeautée par les Frères musulmans a appelé à des manifestations samedi à travers le pays "pour soutenir le président légitime élu", malgré la sanglante répression dont les islamistes sont la cible depuis la destitution de M. Morsi le 3 juillet par l'armée.

Dans ce dossier, le chef d'Etat déchu est jugé pour avoir incité au meurtre de manifestants qui protestaient en décembre 2012 devant son palais présidentiel.

Il encourt la peine de mort comme 14 co-accusés, des anciens hauts responsables de son gouvernement, des proches collaborateurs et des leaders des Frères musulmans, dont il est issu.

La précédente audience, le 8 janvier, avait été ajournée, M. Morsi --seul président jamais élu démocratiquement en Egypte-- n'ayant pu être amené en raison des "conditions météorologiques" selon le juge Ahmed Sabry Youssef, qui présidait l'audience.

Mardi, devant un tribunal du Caire le jugeant pour son évasion de prison en pleine révolte contre Hosni Moubarak en 2011, M. Morsi était apparu combatif, insistant sur le fait qu'il était toujours le président légitime de l'Egypte. Il comparaît dans ce dossier avec 130 autres co-accusés, dont des membres du Hamas palestinien, du Hezbollah libanais et de mouvements jihadistes, la plupart jugés par contumace. La prochaine audience a été fixée au 22 février.

M. Morsi est également poursuivi pour "espionnage" en vue de mener des "actions terroristes" dans le cadre d'un procès devant s'ouvrir le 16 février, ainsi que pour "outrage à magistrat", une affaire pour laquelle aucune date n'a été fixée pour le moment.

M. Morsi a été renversé par l'armée quelques jours après des manifestations monstres réclamant son départ, ses détracteurs lui reprochant de ne pas avoir su gérer le pays et de n'avoir servi que les intérêts de sa confrérie.

Depuis, ses partisans sont la cible d'une sévère campagne de répression, qui a fait plus de 1.400 morts selon Amnesty International, et conduit à des milliers d'arrestations dans les rangs des islamistes.

Dans ce contexte de tensions persistantes, le pays attend l'annonce très probable par le maréchal Abdel Fattah al-Sissi, chef de l'armée et architecte de la destitution de M. Morsi, de sa candidature à l'élection présidentielle, prévue dans les trois mois.

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