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01/02/2014 09:19 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Centrafrique: la Misca reprend Sibut, inquiétude des pays africains

La force africaine en Centrafrique, appuyée par des soldats français, a annoncé samedi avoir repris pacifiquement le contrôle de Sibut aux ex-rebelles Séléka dont le regroupement dans cette ville clé au nord de Bangui fragilisait le nouveau pouvoir centrafricain.

A Addis Abeba, des dirigeants africains réunis sur la crise et le financement de la force africaine, la Misca, n'ont pas caché samedi leur inquiétude face à une situation qui peut "avoir de graves conséquences sur la sécurité et la stabilité régionales", selon les mots du Commissaire à la Paix et la Sécurité de l'Union africaine, Smail Chergui.

"Au moment où je vous parle, la Misca a pris le contrôle de Sibut", a déclaré samedi à la mi-journée son commmandant, le général Tumenta Chomu, à la radio publique centrafricaine.

"Le contingent gabonais de la Misca s'est installé à Sibut et se répartit dans la ville. Il est évident que les ex Séléka seront cantonnés, ils vont être désarmés et sécurisés", a ajouté le général.

"Ils seront également pris en charge pour leur alimentation, tout comme ceux qui sont cantonnés à Bangui", a-t-il dit.

En début d'après-midi, la ville située à 180 km au nord de Bangui sur l'axe menant dans le nord de la Centrafrique était calme, selon un habitant joint par l'AFP.

Dans la matinée, des habitants joints depuis Bangui avaient fait état de pourparlers entre la Misca et les combattants dont une imposante colonne avait pris possession de la ville il y a quelques jours.

"Nous sommes prêts à déposer les armes, mais ça dépend des conditions", avait déclaré à l'AFP depuis Sibut le colonel Séléka Abdelkader Djelani.

Des troupes de la Misca, appuyées par des éléments français de l'opération Sangaris lancée début décembre, sont déployées depuis vendredi aux abords de Sibut pour répondre à ce nouveau défi à la pacification.

La présidente Catherine Samba Panza avait accusé vendredi les ex-rebelles présents à Sibut de vouloir la "déstabiliser", dix jours seulement après qu'elle eut succédé à Michel Djotodia.

Arrivé au pouvoir à Bangui en mars 2013 à la tête de la Séléka, il avait été forcé à démissionner début janvier pour ne pas avoir pu empêcher son pays de sombrer dans le chaos.

"Velléités de sécession"

La présidente Samba Panza soutenue par la communauté internationale avait dénoncé "l'irruption de groupes armés appartenant à l'ex-Séléka à Sibut avec des velléités de sécession".

En décembre, un ancien proche de M. Djotodia, Abakar Sabone, avait défrayé la chronique en proposant une partition du pays, en proie à des violences sans précédent entre chrétiens et musulmans.

Chrétienne à 80%, la Centrafrique compte une minorité musulmane à laquelle appartiennent la plupart des membres de l'ex-Séléka, venus du nord. Aux exactions de la Séléka lorsqu'elle était au pouvoir, les chrétiens ont répondu par les vengeances de leurs milices, les anti-balaka.

Après le départ de l'ancien président Djotodia, les combattants Séléka ont été évacués des divers camps qu'ils occupaient dans Bangui et regroupés à la sortie nord de la capitale.

Mais beaucoup ont fui avec armes et bagages, sillonnant désormais les routes de province sans aucun contrôle et cherchant à se regrouper.

S'ils sont de 1.500 à 2.000 à Bangui, il est très difficile de déterminer le nombre d'hommes en armes en province où plusieurs villes ont été désertées par leurs habitants, comme Bocaranga, dans le nord-ouest.

La capitale toujours explosive

Dans Bangui, la situation reste explosive avec des violences opposant anti-balaka à des civils musulmans armés aidés par des combattants Séléka, sur fond de pillages.

Samedi matin encore, un ex-Séléka a été lynché par une foule et son cadavre brûlé au centre-ville, ont indiqué des témoins.

La veille, la Croix-rouge avait déclaré avoir ramassé "30 tués et 60 blessés" en trois jours dans la capitale.

Devant la dégradation de la situation malgré la présence en Centrafrique de 1.600 soldats français et 5.500 militaires de l'UA, les dirigeants africains et des représentants de la communauté internationale sont réunis à Addis Abeba pour lever des fonds en faveur de la Misca.

Si aucune décision majeure n'est attendue, les participants plaidaient néanmoins pour une action urgente pour empêcher la Centrafrique de "sombrer dans un effondrement total", a souligné le Premier ministre éthiopien Hailemariam Desalegn.

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