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01/02/2014 07:50 EST | Actualisé 03/04/2014 05:12 EDT

Bangui demeure un champ de bataille, dit le PM de la République centrafricaine

ADDIS-ABEBA, Éthiopie - Le premier ministre de la République centrafricaine a déclaré, samedi, que la capitale du pays «demeurait un champ de bataille» où des foules armées de machettes massacrent bon nombre de civils, et a exhorté la communauté internationale à contribuer généreusement aux efforts humanitaires et de maintien de la paix.

Dans le cadre d'un événement-bénéfice à Addis-Abeba, en Éthiopie, André Nzapayeké a affirmé que sa nation avait besoin d'un «vrai plan Marshall» en raison des affrontements à caractère religieux qui ont forcé le déplacement de près d'un million de personnes en sol centrafricain.

À Bangui, la capitale, environ 1600 militaires français et 5000 soldats de maintien de la paix africains tentent de mettre fin aux combats meurtriers que se livrent différentes factions dans les rues. Plus de 100 000 réfugiés vivent dans des tentes érigées sur le terrain de l'aéroport.

Des pays comme le Nigeria et le Japon ont promis de fournir de l'aide financière lors de l'événement-bénéfice de samedi, qui s'est déroulé à la fin d'un sommet de l'Union africaine.

L'organisation, qui compte 54 nations, a indiqué avoir besoin de 409 millions $ par année pour soutenir ses activités de maintien de la paix en République centrafricaine, un pays de la taille du Texas où plusieurs routes n'ont pas été repavées depuis l'indépendance, en 1960.

Le brigadier-général Martin Tumenta Chomou a annoncé samedi que des troupes africaines de maintien de la paix contrôlaient désormais une ville importante située non loin de la capitale, où des centaines de rebelles lourdement armés du mouvement Séléka s'étaient rassemblés au cours des derniers jours. Certains craignaient que les combattants utilisent la ville de Sibut, à 180 kilomètres de Bangui, pour tenter de lancer un nouveau coup d'État.

«Toutes les troupes de Séléka ont été rassemblées volontairement sans aucun combat, et des forces de maintien de la paix du Gabon se déploient désormais dans la ville de Sibut», a dit le général. «Il est clair que les forces du Séléka seront désormais désarmées, comme cela survient à d'autres à Bangui.»

Les rebelles du Séléka, unies à partir de différents groupes armés pour renverser le gouvernement en mars dernier. Rapidement, des milliers d'hommes lourdement armés descendus sur Bangui ont commencé à piller la ville, puis à s'attaquer aux civils.

Des groupes de défense des droits de l'homme croient qu'un nombre inconnu de gens ont été tués par les rebelles majoritairement musulmans. La colère par rapport à leurs agissements a mené à la création d'une milice chrétienne appelée anti-Balaka. Les tensions ont atteint leur point culminant en décembre, lorsque plusieurs jours de massacres ont fait plus de 1000 morts. Le leader du Séléka, qui s'était promu au poste de président, a démissionné sous la pression internationale.

Une nouvelle présidente intérimaire, Catherine Samba-Panza, a été nommée pour diriger le pays jusqu'aux prochaines élections.

Les attaques brutales ont cependant toujours lieu, et des responsables de la Croix-Rouge ont indiqué cette semaine qu'au moins 30 personnes avaient été tuées en trois jours seulement.

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