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31/01/2014 05:06 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

USA: un rapport ouvre la voie à l'approbation de l'oléoduc Keystone XL

L'administration américaine a estimé vendredi que la construction de l'oléoduc Keystone XL entre le Canada et les Etats-Unis n'aurait pas d'impact environnemental majeur, en particulier sur le climat, une conclusion qui ouvre la voie à l'éventuel feu vert de Barack Obama.

L'oléoduc - très controversé - doit servir à acheminer du pétrole depuis la province d'Alberta, dans l'ouest canadien, vers les raffineries américaines du golfe du Mexique, au Texas.

La portion sud, entre le Nebraska et le Texas, fonctionne déjà. L'oléoduc Keystone XL, d'une longueur proposée d'environ 1.900 km dont 1.400 km sur le territoire américain, relierait la portion sud au Canada, et permettrait de plus que doubler la capacité de transport par rapport au circuit existant, plus long.

Mais les écologistes sont fermement opposés à Keystone, proposé en 2008, pour plusieurs raisons. Ils craignent des risques de fuite le long du tracé. Et ils s'en prennent au type de pétrole qui serait transporté: issu de sables bitumineux, son extraction et son exploitation émettent au final plus de gaz à effet de serre.

Sur ces deux points, le département d'Etat (qui a autorité dans le dossier car le tracé traverse une frontière) estime que les risques sont minimes.

L'étude souligne que sans le nouvel oléoduc, le pétrole canadien serait simplement exporté ailleurs qu'aux Etats-Unis, sans affecter les volumes et les émissions de gaz à effet de serre.

"Il est peu probable que l'approbation ou le refus d'un projet de transport de pétrole brut, y compris le projet en question, ait un impact significatif sur le taux d'extraction des sables bitumineux", conclut l'étude d'impact environnementale. En conséquence, les changements climatiques prévus dans les prochaines années "auront lieu de toute façon".

Côté canadien, le ministre des ressources naturelles Joe Oliver a fait part de sa satisfaction. "Nous sommes encouragés par le fait que le département d'État a confirmé que Keystone XL n'aurait pas de répercussions importantes sur l'environnement", a-t-il déclaré vendredi.

Aux Etats-Unis, le dossier est devenu brûlant politiquement. Les républicains sont furieux que le président n'ait toujours pas donné son aval au projet, qui créerait selon eux des milliers d'emplois.

Mais le président a estimé l'an dernier que Keystone XL, qui serait construit et exploité par le groupe TransCanada, ne créerait que 50 emplois permanents aux Etats-Unis, une fois la phase de construction de deux ans terminée.

En juin dernier, détaillant son plan de lutte contre le changement climatique, Barack Obama a annoncé qu'il ne donnerait le feu vert au projet que s'il "n'exacerbait pas de façon significative le problème de la pollution carbonique" --un critère vraisemblablement validé par l'étude publiée vendredi.

Pas encore de feu vert

"Ce rapport de l'administration Obama confirme une fois encore qu'il n'y a aucune raison pour que la Maison Blanche continue à empêcher la construction de l'oléoduc Keystone XL", a immédiatement réagi le sénateur républicain Mitch McConnell vendredi.

Des élus des régions concernées se sont félicités des conclusions de l'étude environnementale, y compris dans le propre camp du président.

"Que cet oléoduc soit construit ou non, les sables bitumineux canadiens seront exploités. La question est de savoir si le Canada les enverra aux Etats-Unis pour y être raffinés, ou ailleurs dans le monde", a déclaré la sénatrice démocrate Heidi Heitkamp, du Dakota du Nord. "Nous avons l'occasion de les faire venir aux Etats-Unis, où ils contribueraient à augmenter la production d'énergie nationale".

Les nombreux opposants à Keystone XL juraient cependant de maintenir leur pression, et devraient se manifester bruyamment à Washington jusqu'à la décision finale.

"Si le Président Barrack Obama veut pouvoir dire à ses enfants qu'il a fait tout en son pouvoir pour combattre les changements climatiques, il doit rejeter ce projet car il s'agit d'une ramification de la plus grande bombe de carbone de la planète", a expliqué Patrick Bonin, responsable de la campagne climat et énergie de Greenpeace au Canada.

La décision finale appartient au président Barack Obama, qui n'a pas dit quand il trancherait. Le secrétaire d'Etat John Kerry a maintenant 90 jours pour émettre une recommandatin. Le 17 janvier, il avait promis aux Canadiens une réponse "rapide".

jkb-ico/jca

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