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31/01/2014 07:56 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Pakistan: les avocats du Britannique condamné à mort pour blasphème font appel

Les avocats d'un Britannique condamné à mort pour blasphème au Pakistan ont fait appel de la sentence vendredi, en soulignant que le tribunal de première instance avait ignoré les preuves "accablantes" de sa maladie mentale.

Mohammad Asghar, 69 ans et d'origine pakistanaise, a été condamné à la peine capitale la semaine dernière par un tribunal de Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad où il avait été arrêté en 2010 pour avoir écrit des lettres dans lesquelles il disait être un prophète.

"En colère" et effrayée par ce verdict, sa famille a demandé mardi à Londres d'intervenir pour le faire libérer, en soulignant qu'il avait été interné en 2010 en Ecosse après que des médecins l'eurent déclaré atteint de paranoïa schizophrène. Mercredi, le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit "très préoccupé" par cette condamnation à mort, ajoutant que ses inquiétudes avaient été transmises à Islamabad.

Vendredi, un des avocats de M. Asghar a annoncé à l'AFP avoir fait appel de la condamnation et de la sentence auprès de la Haute cour de Lahore (est).

"Dans cet appel, la défense a souligné que le tribunal de première instance n'a pas suivi les garde-fous prévus par la loi pour un accusé atteint de maladie mentale", a-t-il expliqué.

"De plus, les preuves accablantes de sa maladie mentale venues de Grande-Bretagne ont été ignorées malgré nos multiples requêtes", a ajouté cet avocat qui s'exprimait sous couvert de l'anonymat en raison des risques encourus par les défenseurs des personnes accusées de blasphème au Pakistan.

Le tribunal de première instance a rejeté les argument de la défense et mis en avant le rapport d'un comité médical local qui a estimé l'accusé "normal".

Le blasphème est un sujet qui enflamme facilement les foules au Pakistan, pays musulman à 97%. Aux termes d'une loi très controversée, porter atteinte au prophète Mahomet est passible de la peine de mort.

Plusieurs affaires de blasphème, notamment vis-à-vis de la minorité chrétienne, ont suscité ces dernières années l'émotion de la communauté internationale.

Les groupes de défense des droits de l'Homme estiment que cette loi est régulièrement utilisée de manière abusive, notamment à l'encontre des minorités, pour régler des comptes personnels ou s'approprier des terrains. Mais Islamabad s'est toujours bien gardé jusqu'ici de la réviser.

Le Pakistan n'a toutefois exécuté aucun condamné à mort depuis 2008, à l'exception d'un soldat condamné en cour martiale.

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