POLITIQUE
31/01/2014 11:52 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Manifestation des travailleurs des cimenteries à Québec

Radio-Canada

Les travailleurs des usines de Ciment Québec de Saint-Basile dans Portneuf et de la Montérégie reprochent au gouvernement Marois de leur imposer une concurrence déloyale.

Près de 150 travailleurs ont manifesté sur la colline parlementaire, vendredi matin, pour dénoncer un investissement gouvernemental de 350 millions de dollars dans le projet de cimenterie à Port-Daniel, en Gaspésie.

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L'annonce a été confirmée, ce matin, par la première ministre Pauline Marois. Un prêt garanti d'environ 250 millions de dollars sera consenti alors qu'Investissement Québec va injecter un montant de 100 millions de dollars.

« On a un problème. On a déjà trop de ciment au Québec et ils vont nous rajouter encore une usine qui va être financée à même mes impôts et qui va me faire faire six mois de chômage par année », déplore un travailleur de Ciment Québec à Portneuf, Sylvain Murray.

« On a été obligés de mettre des employés à pied, nous, cet hiver pour une période de quatre semaines parce qu'on est en surplus », ajoute Denis Gagnon, directeur de l'entretien à la cimenterie de Saint-Basile.

L'entreprise qui emploie 180 personnes n'opère qu'à 60 % de sa capacité actuellement. Le président du syndicat des travailleurs de l'usine de Portneuf, Marc Tessier prévoit que ce nouveau joueur dans l'industrie va saturer le marché.

« Le marché local ne peut plus en prendre. Ils parlent de vendre du ciment aux États-Unis, mais nous autres aussi pour pouvoir fonctionner il faut en vendre là-bas. C'est déjà saturé », dit-il.

Les travailleurs s'expliquent mal pourquoi le gouvernement injecte de l'argent public dans ce projet de l'entreprise Ciment McInnis, une compagnie formée par la famille Beaudoin, de Bombardier.

« On n'a rien contre le fait que McInnis s'installe, mais qu'il ne s'installe pas avec mon argent. Qu'il s'installe avec l'argent du privé », ajoute Sylvain Murray.

Le gouvernement Marois affirme avoir fait ses devoirs et que l'aspect concurrentiel du dossier de cimenterie avait bel et bien été analysé.