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31/01/2014 11:32 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Immigration: Obama "encouragé" par les républicains mais prudent

Le président Barack Obama s'est dit "encouragé" par les déclarations de ses adversaires républicains en matière d'immigration mais est resté prudent sur la question sensible des naturalisations, dans un entretien diffusé vendredi.

La veille, les républicains majoritaires à la Chambre des représentants ont dévoilé une déclaration de principes sur une réforme de l'immigration, appelée de ses voeux par le président démocrate et déjà adoptée en juin 2013 par le Sénat aux mains de ses alliés.

Le texte publié par les troupes du président de la Chambre John Boehner prévoit une régularisation sous conditions pour les millions de clandestins vivant aux Etats-Unis, mais pas de "chemin vers la naturalisation" prévu par le plan du Sénat, lui aussi assorti de contraintes sévères.

La déclaration de principes prévoit que les clandestins "pourraient vivre légalement et sans peur aux Etats-Unis, mais seulement s'ils acceptent d'admettre leur culpabilité, de subir des vérifications rigoureuses de leurs antécédents, de payer des amendes importantes et des arriérés d'impôts, de suivre des cours d'anglais et d'éducation civique américaine, et d'être capables de soutenir leur famille" sans aide publique.

Régularisation contre naturalisation: M. Obama, sur CNN, a refusé de rejeter a priori le plan républicain, alors qu'il avait insisté dans le passé sur le fameux "chemin vers la naturalisation". "Je ne vais pas préjuger de ce qui arrivera sur mon bureau" pour être promulgué, a-t-il dit.

"Beaucoup de gens sont d'accord sur le principe que nous ne voulons pas deux classes de personnes aux Etats-Unis", a-t-il ajouté, en référence à ceux qui pourraient espérer une naturalisation et les autres. "Mais je suis encouragé par ce que M. Boehner a dit", a assuré le président.

Le chef républicain avait remarqué jeudi que "ce problème (de l'immigration) dure depuis au moins 15 ans (...) C'est injuste et il est temps de s'en occuper. Mais la façon dont on s'en occupe est extrêmement importante".

Trouver une solution à la situation des quelque 11 millions de personnes vivant clandestinement sur le sol américain, en très grande majorité originaires d'Amérique latine, constitue l'un des sujets les plus brûlants du débat politique.

M. Obama, qui en avait fait l'une de ses grandes promesses de campagne en 2008 et 2012, avait alors recueilli plus des deux tiers du vote latino. Regagner du terrain au sein de cette minorité dynamique semble crucial pour l'avenir électoral à long terme du parti républicain.

La déclaration des républicains marque une évolution sensible dans leur position, car le parti était jusqu'ici opposé à toute régularisation massive, assimilée à une "amnistie".

"Je pense sincèrement que M. Boehner et de nombreux républicains (...) veulent une loi réformant sérieusement l'immigration. Et rappelez-vous que la proposition de loi du Sénat et les textes législatifs que je soutiens requièrent déjà un long processus avant une naturalisation. Il faut payer des amendes, apprendre l'anglais, payer des arriérés d'impôts, et refaire la queue" pour être candidat à la nationalité américaine, a remarqué M. Obama.

tq/gde

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