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31/01/2014 01:22 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Espagne: Départ des dirigeants de Santander après la grève des joueurs

Le combat des joueurs du Racing Santander, non payés depuis plusieurs mois et grévistes jeudi soir lors d'un quart de finale de Coupe du Roi, a finalement payé vendredi avec le départ des dirigeants du club et un afflux de messages de sympathie.

A l'issue d'une assemblée générale des actionnaires, la direction sortante, dont les joueurs avaient exigé le départ sous peine de boycott du match, a été démise et l'ancienne figure du club Juan Antonio "Tuto" Sanudo a pris la présidence, remerciant l'équipe première pour sa spectaculaire mobilisation.

"Grâce à eux, ces gens ont dû s'en aller. Et nous allons voir comment nous pouvons aider (les joueurs) du mieux possible parce qu'ils ont grand besoin d'aide", a dit le nouveau président à la presse après sa prise de fonction.

"L'objectif est de ramener le calme dans l'effectif et de voir si on peut atteindre à court terme ce défi qui est la remontée en deuxième division."

L'équipe de Cantabrie (nord de l'Espagne), qui faisait partie en 1929 des fondateurs du premier Championnat d'Espagne, n'a pas eu d'autres recours jeudi que de boycotter le quart de finale retour contre la Real Sociedad, se présentant sur la pelouse mais refusant de disputer le ballon. L'arbitre a alors annulé la rencontre et la fédération espagnole (RFEF), conformément au règlement, a prononcé vendredi son exclusion de la prochaine édition de la Coupe du Roi.

"Vilaine image"

Victime de deux descentes successives qui l'ont conduit jusqu'en Segunda B (troisième division espagnole), le Racing connaissait pourtant une bouffée d'oxygène dans cette compétition, avec l'élimination de deux clubs de l'élite, le FC Séville puis Almeria. En quart de finale aller, il avait perdu 3-1 à Saint-Sébastien.

Mais la "situation économique de plus en plus grave" du club, en cessation de paiement, a conduit les joueurs à faire front avec l'appui du public "verdiblanco", uni derrière son équipe.

Dès jeudi soir et toute la journée de vendredi, l'Espagne du football a multiplié les messages de soutien à l'intention des joueurs de Santander.

"Il est normal que tout travailleur soit payé pour sa production. Ça a été une vilaine image à voir. J'envoie un message de soutien à tous les gens du Racing", a déclaré vendredi l'entraîneur du FC Barcelone Gerardo Martino.

Même appui du côté de l'association des footballeurs espagnols (AFE) qui, dans un communiqué, a exprimé son "soutien total et sa solidarité inconditionnelle devant les décisions à prendre".

"Je vous assure qu'arriver à prendre la décision de ne pas jouer un match de quart de finale de Coupe du Roi en ayant éliminé deux clubs de première division doit être très douloureux", a compati sur Twitter le gardien Pepe Reina, l'une des figures de la sélection espagnole championne du monde (2010) et double championne d'Europe (2008, 2012).

Exclu de la prochaine édition

Plus qu'une énième conséquence de la crise économique sur le football espagnol, la situation de Santander s'explique davantage par les engagements apparemment non tenus de l'investisseur indien Ali Syed, qui a racheté le club en 2011.

"Ils nous doivent les salaires de plusieurs mois malgré les promesses régulières du président" Angel Lavin, démis vendredi, avaient écrit les joueurs dans un communiqué en début de semaine.

Après ce boycott, le Racing a été automatiquement exclu de la prochaine édition de la Coupe du Roi, selon la décision disciplinaire publiée vendredi par la RFEF, qui prévoit aussi une amende de 3.006 euros.

Néanmoins, étant donné le soutien dont il a fait l'objet, le club pourrait être gracié par le président de la RFEF Angel Villar, comme cela avait été le cas en 2000 à l'égard du Barça: le club catalan avait refusé de jouer une demi-finale retour de Coupe du Roi contre l'Atletico car son effectif était décimé en raison d'une date coïncidant avec une période de convocation de joueurs en sélection nationale.

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