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31/01/2014 09:12 EST | Actualisé 02/04/2014 05:12 EDT

Armes chimiques : la Syrie sommée d'accélérer le transfert

La Maison-Blanche a sommé vendredi la Syrie d'accélérer le transfert de son arsenal chimique, qui a pris du retard de façon injustifiée, selon l'ONU.

La Russie avait auparavant réfuté les accusations de Washington, pour qui Damas traîne les pieds délibérément.

« La Syrie doit prendre immédiatement les mesures nécessaires pour se conformer à ses obligations », a déclaré Jay Carney, porte-parole de la présidence des États-Unis.

« Nous savons tous que le régime syrien a la capacité de transporter ces armes. Nous allons continuer à coopérer avec nos partenaires pour maintenir le régime d'Assad sous pression », a-t-il poursuivi, sans évoquer les conséquences en cas de statu quo.

« Toutes les indications que nous avons laissent supposer qu'il n'y a pas de raison légitime pour que [ce transfert] n'ait pas lieu immédiatement », avait auparavant déclaré le secrétaire d'État américain John Kerry, qui devait rencontrer son homologue russe Sergueï Lavrov à Munich.

« Nous voulons que le régime syrien respecte ses engagements et il est essentiel que toutes les armes chimiques réparties sur 12 sites ou plus soient rapidement transférées vers le port [de Lattaquié] afin qu'elles soient expédiées hors de Syrie. »

Mikhaïl Oulianov, chef du département « sécurité et désarmement » au ministère russe des Affaires étrangères, a quant à lui assuré que la date limite du 30 juin fixée pour la destruction des armes chimiques syriennes restait « tout à fait » réaliste malgré les retards.

4,1 % du total transféré hors de Syrie

Ces retards, a-t-il poursuivi, sont dus aux problèmes de sécurité sur la route qui conduit au port syrien de Lattaquié et à l'« insuffisance » du soutien logistique de la communauté internationale à Damas, rapporte l'agence de presse russe Interfax.

Damas a accepté l'an dernier de détruire son arsenal chimique dans le cadre d'un accord négocié par les États-Unis et la Russie après le bombardement au gaz sarin du 21 août qui a fait plusieurs centaines de morts dans un faubourg de la capitale syrienne. De sources proches du dossier, Reuters a appris mercredi que la Syrie avait transféré moins de 5 % de ses armes chimiques à l'étranger et qu'elle ne respecterait pas la date limite fixée au 5 février pour le transfert de l'ensemble de son arsenal.

Deux cargaisons seulement représentant 4,1 % des 1300 tonnes de produits servant à la fabrication d'armes chimiques que Damas a dit détenir sont parties en janvier du port de Lattaquié, indiquait-on de même source.

Cette proportion a été confirmée jeudi dans une déclaration remise par les États-Unis à l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC), chargée de superviser le processus.

Ce retard a provoqué jeudi l'inquiétude des États-Unis et de la France, deux pays qui étaient fin août sur le point de recourir à la force en représailles à l'attaque du 21 août avant que l'accord sur les armes chimiques n'apaise la situation.

Dans un rapport daté du 27 janvier, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a indiqué que le transfert à l'étranger de l'arsenal chimique syrien avait été retardé sans raison et a appelé le régime de Bachar Al Assad à accélérer le processus.

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