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30/01/2014 12:47 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

USA: "Il est temps" de réformer l'immigration, promet un chef républicain

Le chef de file des républicains du Congrès américain a confirmé jeudi que son parti s'attaquerait à la réforme de l'immigration cette année, tout en redoublant de prudence pour ne pas aliéner la frange la plus conservatrice de son groupe.

"Ce problème dure depuis au moins 15 ans", a déclaré John Boehner, président de la Chambre des représentants, à la presse en marge du séminaire annuel des républicains de la Chambre dans le Maryland, à environ deux heures de la capitale fédérale Washington.

"C'est injuste et il est temps de s'en occuper. Mais la façon dont on s'en occupe est extrêmement importante", a-t-il estimé.

"Nous allons parler à nos élus aujourd'hui des principes que les dirigeants de groupe ont mis au point", a expliqué John Boehner. "Je n'en dirai pas plus".

Les républicains ont déjà rejeté l'approche ambitieuse adoptée en 2013 par le Sénat, dominé par les démocrates. L'immense texte sénatorial combine régularisations, réforme des visas et sécurité à la frontière, dans un compromis où chaque groupe d'intérêt (syndicats, entreprises, sans-papiers...) y trouve son compte.

A l'inverse, les républicains de la Chambre devraient voter séparément des lois sur la frontière, les visas pour les travailleurs hautement qualifiés, etc.

Le coeur du blocage concerne l'éventuelle régularisation des 11 millions de sans-papiers installés aux Etats-Unis.

Les chefs de file envisagent de leur donner un statut transitionnel qui leur permettrait de sortir de l'ombre et travailler légalement, a expliqué mercredi le représentant Paul Ryan sur la chaîne MSNBC. Mais leur régularisation permanente, par exemple avec l'obtention d'une "carte verte", se ferait sous conditions et dépendrait de l'efficacité des mesures de protection de la frontière, et du tarissement réel des flux d'immigration clandestine, surtout en provenance du Mexique.

Les mots ont leur importance: les conservateurs veulent avant tout éviter une "voie spéciale" vers la régularisation ou la naturalisation pour ceux que beaucoup considèrent comme des délinquants à expulser. Ils insistent pour que les sans-papiers ne "passent pas avant" les immigrés en règle, et qui attendent parfois des années pour obtenir un permis de séjour permanent.

L'offensive républicaine sur ce terrain intervient à l'ouverture d'une année électorale. En novembre 2014, la totalité de la Chambre et le tiers du Sénat seront renouvelés par les électeurs.

mlm/ico/are

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