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30/01/2014 05:25 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Thaïlande : 15 000 soldats et policiers déployés lors des élections

Le nombre de soldats déployés à Bangkok va augmenter d'ici dimanche, la date choisie pour des élections que l'opposition entend perturber.

La décision du gouvernement de Yingluck Shinawatra de maintenir les élections du 2 février a attisé la colère de l'opposition, qui contrôle des intersections clés de la capitale thaïlandaise et qui a contraint un certain nombre de ministères à fermer leurs portes.

« En plus des 5000 soldats qui ont déjà été déployés dans et autour de Bangkok pour contribuer à la sécurité, nous allons ajouter des troupes autour des sites de contestation, car certains cherchent à provoquer la violence », a déclaré un porte-parole de l'armée.

Environ 10 000 policiers seront chargés de la sécurité à Bangkok le jour des élections et les soldats appelés en renfort seront en retrait, a-t-il ajouté.

Les électeurs ont été convoqués aux urnes par la première ministre, Yingluck Shinawatra, qui a dissous le Parlement pour tenter de sortir le pays de la crise en cours depuis le mois de novembre.

L'opposition refuse de participer à un scrutin qu'elle juge gagné d'avance par le Puea Thai, le parti au pouvoir, si le pays n'est pas réformé en profondeur au préalable.

Mardi, le gouvernement a annoncé que le scrutin aurait bien lieu dimanche comme prévu.

Plusieurs bâtiments gouvernementaux sont occupés par les opposants, qui réclament la démission de Yingluck Shinawatra et dénoncent l'emprise qu'exercerait son frère, l'ancien premier ministre Thaksin Shinawatra, qui s'est exilé pour échapper à la justice après avoir été condamné à une peine de prison pour corruption.

Les autorités ont menacé de recourir à l'armée et à la police pour rouvrir les bâtiments occupés par la force si aucune solution n'est trouvée d'ici lundi.

Si la victoire du Puea Thai aux élections est assurée, Yingluck Shinawatra n'en sortira pas forcément renforcée. Il n'y a pas eu, en effet, suffisamment de candidats à s'enregistrer pour que le quorum soit atteint au Parlement.

Des élections législatives partielles devront être organisées par la suite pour pourvoir les sièges vacants. En attendant, Yingluck Shinawatra devrait diriger pendant plusieurs mois un gouvernement intérimaire dépourvu de réels pouvoirs.

L'armée, qui a mené ou tenté de mener 18 coups d'État en 80 ans, dont celui qui a renversé Thaksin Shinawatra en 2006, est pour l'instant restée neutre, craignant, selon les analystes, qu'une intervention ne débouche sur des violences incontrôlables des partisans de la famille Shinawatra.

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