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30/01/2014 03:19 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Main-d'oeuvre: de plus en plus de secteurs à la recherche d'un renouvellement

MONTRÉAL - La baisse démographique anticipée au Québec semble faire en sorte que de plus de plus de secteurs auront bientôt besoin d'un renouvellement de main-d'oeuvre qualifiée, selon une nouvelle étude dévoilée jeudi.

Le Bilan des perspectives d'emploi 2014 de Jobboom identifie pas moins de 95 formations des niveaux professionnel, technique et universitaire offrant un taux de placement de 95 pour cent et plus et 35 autres présentant un potentiel de plein d'emploi.

Le document identifie notamment des secteurs cycliques, comme les mines et la foresterie, ayant connu des crises dans le passé mais qui ont maintenant un besoin de main-d'oeuvre qualifiée afin d'adapter leur industrie à de nouvelles techniques.

«On se retrouve avec des secteurs qui ont été dormants ou stagnants, explique la directrice de l'information de Jobboom, Patricia Richard. Il s'agit de secteurs qui se sont vidés de leur main-d'oeuvre au cours des dernières années alors il y a des besoins importants.»

Pour le secteur minier, le document estime à 18 500 le nombre d'emplois qui seront créés d'ici 2021 même si l'activité a ralenti dans plusieurs régions de la province en raison du report de projets d'envergure, notamment.

«Ce secteur n'a pas réussi à faire le plein de sa main-d'oeuvre qualifiée, observe Mme Richard. Il y a 10 ans, il n'y a pas grand monde qui allait se former là-dedans.»

Le secteur des technologies et des communications demeure l'un des plus dynamiques, selon l'étude, qui prévoit que 3800 postes seront notamment à pourvoir d'ici l'an prochain au Québec.

Les besoins devraient être particulièrement criants en service-conseil, en conception de systèmes informatiques et en développement d'applications pour les téléphones intelligents ainsi que les tablettes.

Bien que cyclique, le secteur de l'aéronautique est qualifié de «prometteur» par Jobboom, et ce, en dépit des quelque 1700 licenciements annoncés par Bombardier plus tôt ce mois-ci.

Le Bilan rappelle que d'autres entreprises majeures de l'industrie aéronautique établies dans la province, dont Pratt & Whitney Canada, ont procédé à d'importantes embauches au cours de la dernière année.

Le document avance que 30 pour cent de la main-d'oeuvre québécoise de ce secteur partira à la retraite au cours des 15 prochaines années et que l'industrie québécoise compte actuellement environ 215 entreprises et plus de 42 000 travailleurs.

«C'est impressionnant le chiffre de Bombardier, mais l'industrie québécoise est sixième au monde, affirme Mme Richard. Il faut une certaine tolérance à des période qui peuvent sembler incertaines, mais ça ne veut pas dire pour autant que ce n'est pas un secteur d'avenir.»

Le Bilan souligne que la quarantaine de diplômés de l'École nationale d'aérotechnique ont pu consulter une centaine d'offres d'emplois au cours de la dernière année.

Mme Richard a rappelé que les secteurs de la santé et de la construction offrent toujours de bonnes occasions d'embauche, mais que le Bilan voulait identifier d'autres secteurs.

«En fait, il s'agissait de niches intéressantes à reconsidérer, a souligné cette dernière. La santé et la construction vont continuer à représenter d'importantes opportunités d'emplois. On n'a plus besoin d'en parler comme tel.»

Selon Jobboom, le nombre de Québécois âgés de 15 à 64 ans a augmenté d'à peine 10 000 en 2013, alors que cette statistique était de 39 000 par an pendant la dernière décennie.

L'étude prévoit que 75 pour cent des étudiants du réseau scolaire québécois devraient occuper un emploi dans le futur à la suite du départ d'un retraité.

Le Bilan des perspectives d'emploi 2014 a été réalisé entre juin et décembre 2013 auprès de quelque 300 intervenants des milieux industriel, professionnel et scolaire.

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