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30/01/2014 07:02 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Les Etats-Unis ont peu d'arguments pour refuser d'extrader Amanda Knox (experts)

Les Etats-Unis auront peu d'arguments pour refuser, si l'Italie la demandait, l'extradition de l'étudiante américaine Amanda Knox, lourdement condamnée jeudi en appel en Italie pour le meurtre de sa colocataire britannique, ont estimé des experts.

"Si cette décision est confirmée, je pense qu'elle sera extradée en Italie", a affirmé le professeur de droit de Harvard, Alan Dershowitz, interrogé par l'AFP, alors que les avocats de la jeune femme ont annoncé leur intention de se pourvoir devant la Cour suprême italienne.

Amanda Knox a été condamnée par contumace à 28 ans et six mois de prison jeudi par la Cour d'appel de Florence, après 12 heures de délibérations, pour le meurtre de sa colocataire britannique Meredith Kercher en 2007.

La jeune étudiante de 26 ans, qui suivait le procès depuis sa ville natale de Seattle, dans l'Etat américain de Washington (nord-ouest), s'est dite "effrayée et attristée" par ce verdict qu'elle juge "injuste".

Le "système judiciaire italien, même si je ne l'aime pas, est un système légitime. Nous avons un traité (d'extradition) avec l'Italie et je ne vois pas comment on pourrait renâcler", a ajouté le professeur Dershowitz.

Les "Etats-Unis sont le pays qui extrade le plus dans le monde" et inversement, celui qui demande le plus d'extraditions, a-t-il précisé.

"Nous cherchons à faire revenir (l'ex-consultant de l'agence de renseignement américaine NSA Edward) Snowden, de quoi cela aurait-il l'air de demander Snowden et de refuser de rendre quelqu'un pour meurtre?", a-t-il encore insisté.

Amanda Knox a le droit d'engager une action en justice contre son extradition "mais ses chances de réussite ne sont pas très grandes", estime de son côté le professeur de droit international Julian Ku, à l'Université Hofstra.

Aux Etats-Unis, après éventuelle requête italienne, c'est le département d'Etat qui doit demander à celui de la Justice de procéder à l'arrestation de la jeune fille et la placer en détention.

"Le dernier mot appartient au département d'Etat", dit-il, "ils peuvent dire que le procès ne s'appuyait pas sur des critères solides de justice" mais il faudrait "des éléments vraiment forts pour bloquer une extradition", estime l'expert, qui "n'a jamais eu l'impression que le procès était injuste".

Pour l'heure, rien ne se passera tant que les Italiens ne feront pas cette démarche.

L'Américaine a déjà passé quatre ans derrière les barreaux en Italie, après avoir été condamnée en première instance avec son ex-petit ami Raffaele Sollecito.

Elle avait ensuite été acquittée lors d'un premier procès en appel, cassé pour "incohérences manifestes".

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