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30/01/2014 12:51 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

En Pologne, le chef du Pentagone appuie les projets de modernisation de l'armée

Le secrétaire américain à la Défense Chuck Hagel a apporté jeudi à Varsovie l'appui de Washington à la modernisation de l'armée polonaise, plaidant notamment la cause des matériels militaires américains.

Contrairement à la plupart des pays européens, la Pologne augmente son budget de défense et modernise à coup de milliards d'euros son armée, entièrement professionnalisée en 2010 mais dont beaucoup d'équipements datent encore du Pacte de Varsovie.

"Dans cette période de pressions budgétaires des deux côtés de l'Atlantique, cet investissement est nécessaire pour faire avancer notre alliance (...) et permettre à nos deux armées de collaborer beaucoup plus étroitement à l'avenir", a déclaré le ministre américain lors d'une conférence de presse avec son homologue Tomasz Siemoniak.

M. Hagel avait auparavant expliqué que son intention était de "réaffirmer l'engagement et l'intérêt de l'Amérique dans la sécurité de l'Europe et de (ses) alliés".

Irak, Afghanistan, bouclier antimissile: depuis son entrée dans l'Otan il y a 15 ans, Varsovie s'est imposé comme un partenaire privilégié de Washington.

Mais face au pivot stratégique américain vers l'Asie-Pacifique, les pays européens, dont la Pologne, craignent un repli américain du Vieux Continent.

"L'efficacité des efforts" polonais pour moderniser son armée "dépend du soutien et de la présence des Etats-Unis", a insisté M. Siemoniak.

Chuck Hagel a tenu à le rassurer en évoquant les exemples "concrets" de la coopération américano-polonaise, comme la présence d'un détachement de l'US Air Force sur la base aérienne de Powidz, où il se rendra vendredi. Dix Américains y assurent un soutien aux rotations d'avions de chasse et de transports américains qui participeront à des exercices conjoints avec les Polonais.

"Les Etats-Unis et la Pologne oeuvrent à étendre les exercices et entraînements au sein de ce détachement d'aviation", notamment en direction de la Roumanie, qui s'est elle aussi dotée de chasseurs américains F-16, a noté M. Hagel.

Quant au projet de bouclier antimissile de l'Otan, il est sur les rails, selon lui.

Basé essentiellement sur une technologie américaine, le projet vise à déployer en Turquie un radar de détection de lancements de missiles balistiques et de suivi de leur trajectoire. Il prévoit également d'installer, d'ici à 2018, 24 missiles intercepteurs en Roumanie et autant en Pologne.

Varsovie a "été très clair sur le fait qu'ils tiennent à la défense antimissile. Ils attendent qu'on les informe sur les progrès réalisés" dans la mise au point des missiles intercepteurs SM-3, a indiqué un haut responsable de la Défense sous couvert d'anonymat.

Derrière les marques de soutien américain se cachent aussi des perspectives florissantes pour les industriels de l'armement, notamment américains.

Au cours des dix prochaines années, Varsovie compte dépenser 140 milliards de zlotys (33,6 milliards d'euros) pour moderniser son armée.

La Pologne cherche notamment à se doter de nouveaux systèmes de défense aérienne et antimissiles, pour lesquels plusieurs groupes de défense, y compris américains, s'opposent.

Chuck Hagel n'y a pas manqué de voir une "opportunité évidente pour forger une coopération encore plus étroite dans ce domaine, en tirant profit d'une technologie de pointe et d'une compatibilité accrue" avec les systèmes de l'Otan.

Varsovie envisage également de moderniser sa flotte de F-16 polonais, d'acquérir de nouveaux hélicoptères et des drones de reconnaissance, autant de marchés potentiels qui intéressent Washington, selon l'entourage de Chuck Hagel.

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