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30/01/2014 07:09 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Des colis de nourriture ont été livrés au camp de réfugiés de Yarmouk en Syrie

DAMAS, Syrie - Les Nations unies ont livré jeudi des centaines de colis de nourriture à un quartier palestinien de la capitale syrienne, Damas, qui est sous l'emprise des insurgés et qui souffre depuis des mois de pénuries graves de nourriture et de médicaments.

Le camp de Yarmouk, à la limite sud de Damas, compte parmi les enclaves rebelles les plus durement touchées par le blocus imposé par le régime syrien. Des militants ont indiqué mercredi qu'au moins 85 personnes sont mortes dans ce camp depuis la mi-2013 en raison de la famine et des maladies exacerbées par la faim ou le manque de soins médicaux.

Des militants et des groupes humanitaires accusent les forces loyales au président Bachar el-Assad d'utiliser la faim comme arme de guerre et ont réclamé un accès humanitaire immédiat à la zone touchée. La nécessité d'ouvrir des corridors humanitaires pour soulager la souffrance des civils compte parmi les sujets qui sont actuellement discutés dans le cadre de la conférence de paix qui a repris jeudi à Genève.

En dépit de signes encourageants au début des discussions, on ne rapporte aucun progrès important à ce chapitre.

Un porte-parole de l'Office de secours et de travaux des Nations Unies pour les réfugiés de Palestine, Chris Gunness, a précisé qu'un convoi transportant 900 colis alimentaires était entré à Yarmouk jeudi matin. Il a ajouté que 720 colis avaient déjà été distribués à midi malgré des scènes de chaos.

«Nous sommes encouragés par la livraison de cette aide et par la coopération des acteurs sur le terrain, a dit M. Gunness. Nous espérons pouvoir continuer et grandement augmenter l'aide livrée parce que des dizaines de milliers de personnes sont dans le besoin, dont 18 000 Palestiniens, y compris des femmes et des enfants. Leurs besoins augmentent avec chaque heure qui s'écoule.»

Anwar Raja, un responsable palestinien en Syrie, a par ailleurs annoncé qu'un certain nombre de personnes âgées serait évacué de Yarmouk au cours de la journée.

Dans la banlieue voisine de Daraya, pendant ce temps, 11 personnes, dont trois enfants, auraient été tuées par des barils explosifs largués par l'armée de l'air syrienne, selon l'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres. Les déflagrations auraient aussi causé des dommages importants.

Une vidéo mise en ligne montre des explosions gigantesques projetant des nuages de fumée et de poussière au-dessus des toits du quartier.

Par ailleurs, un rapport publié jeudi par le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne Human Rights Watch accuse le régime Assad d'avoir utilisé des explosifs et des bouteurs pour raser des milliers d'édifices résidentiels, et parfois même des quartiers entiers, dans le cadre d'une campagne qui visait apparemment à punir les civils qui sympathisaient avec l'opposition.

Ces démolitions se seraient produites entre juillet 2012 et juillet 2013 dans sept districts de la capitale et dans la ville centrale de Hama. HRW affirme que ces destructions délibérées contreviennent à la loi internationale et réclame la fin immédiate de cette pratique.

Le rapport inclut des images prises par satellite des quartiers avant et après la destruction, ce qui permet de quantifier les dégâts.

À Genève, enfin, les discussions de jeudi ont pris fin après quelques heures. Les délégations de l'opposition et du régime se sont échangé des reproches, autant derrière portes closes que devant les caméras de télévision, concernant la violence qui a déjà coûté la vie à plus de 130 000 personnes.

L'opposition maintient que seule la formation d'un gouvernement de transition et le départ du président Assad seront en mesure de mettre fin aux combats, tandis que le régime accuse l'opposition de fermer les yeux sur les actes de terrorisme commis en Syrie.

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