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Commission Charbonneau: un cadeau luxueux d'Accurso vite retourné, soutient Arsenault (EN DIRECT)

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MICHEL ARSENAULT
CEIC

EN DIRECT - Michel Arsenault a admis que son épouse avait reçu des boucles d'oreilles de 12 500 $ de la part de Tony Accurso, pour le Noël 2008, quelques semaines après leur voyage sur le Touch aux frais de l'entrepreneur.

Il affirme avoir appris, peu après, la valeur réelle du bijou et demandé à sa femme de le remettre à M. Accurso, ce qui sera fait quelques mois plus tard.

« Je dis sous serment que ma femme a rendu ces boucles d'oreilles à Tony Accurso à ma demande, je n'étais pas content. »
— Michel Arsenault

La procureure en chef Sonia LeBel croit plutôt que la révélation, entre temps, par les médias de son voyage sur le Touch a joué dans sa décision de faire remettre le bijou. L'ex-président de la FTQ rejette l'hypothèse. Il a sinon admis que son épouse était proche de celle de M. Accuro.

L'ex-président de la FTQ soutient au passage que son séjour sur le Touch constitue le seul voyage qu'il ait jamais fait avec M. Accurso.

«J'ai payé mes rénovations!»

M. Arsenault soutient par ailleurs avoir entièrement payé lui-même les rénovations de près de 100 000 $ sur sa maison en 2009, à même ses économies et une hypothèque qu'il a prise.

Il admet qu'à l'origine, Tony Accurso devait être impliqué dans ces travaux. Il a même fait une avance par chèque de 10 000 $ à Louisbourg, une de ses compagnies, comme en témoigne une écoute du 19 février 2009 entre les deux hommes.

Mais il soutient qu'il a par la suite compris qu'il n'avait pas besoin de l'aide de M. Accurso. L'avance lui aurait donc été remise quelques mois plus tard.

« Il n'a jamais été question qu'Accurso paye les rénovations chez nous. »
— Michel Arsenault

Il ajoute avoir obtenu une évaluation d'un évaluateur agréé du coût de ces travaux afin de pouvoir démontrer qu'il a payé le juste prix, afin de se « protéger sur la place publique ». Il ajoute que Revenu Québec a étudié son dossier et n'a rien trouvé à lui reprocher.

« J'ai une évaluation qui dit que ce que j'ai payé, c'est ce que ça vaut. J'ai les documents qui corroborent ça. »
— Michel Arsenault

Mais la commission fait l'hypothèse qu'il aurait d'abord été prévu que ce soit Tony Accurso qui paye les rénovations, sinon qu'il y contribue, mais que, craintif depuis son séjour sur le Touch, il aurait décidé de tout payer lui-même.

La procureure en veut notamment pour preuve une conversation du 23 février dans laquelle sa femme se plaint du coût du plancher et lance que c'est Tony Accurso qui va payer. M. Arsenault associe plutôt cela à une saute d'humeur, puisque c'est ce dernier qui aurait choisi le type de plancher, fort dispendieux. Il répond à sa femme: « On payera ».

Arsenault se défend de faire le lobbying d'Accurso

M. Arsenault s'est défendu, en début de matinée, d'être intervenu auprès de ministres libéraux à l'hiver 2009 au seul bénéfice de M. Accurso dans le dossier de la réfection de l'échangeur Turcot, ou encore de Bernard Poulin, du groupe SM (ingénieurs), un des partenaires d'affaire de M. Accurso à l'occasion.

Il soutient que son souci était que le contrat soit attribué à des entrepreneurs et des ingénieurs québécois, et non à des groupes internationaux, tout comme pour le dossier du prolongement de l'autoroute 30 commenté hier devant la commission Charbonneau.

« On devrait faire travailler notre monde (...) il fallait que le contrat se fasse au Québec par des Québécois » soutient M. Arsenault, une philosophie qui, dit-il, était partagée pour Turcot par les entrepreneurs et les ingénieurs du Québec, tout comme la Chambre de commerce ou le Conseil du patronat du Québec.

M. Arsenault admet que le contrat pouvait intéresser M. Accurso, mais qu'il n'avait pas encore été attribué à l'époque et qu'il n'avait donc pas de garantie qu'il l'aurait.

« C'est sûr qu'il aurait eu l'opportunité d'appliquer dessus [...] ses compagnies avaient intérêt que ça se fasse ici. »
— Michel Anrsenault

L'écoute du 25 février 2009 entre MM. Accurso et Arsenault sur le sujet a l'intérêt d'aborder la question des fameux extras, déjà soulevée dans la portion montréalaise de la commission Charbonneau.

M. Arsenault affirme qu'au gouvernement, on se plaint que, lorsque les travaux sont fait par des entreprises d'ici, « les extras leur coûtent les yeux de la tête ». M. Accurso rétorque que dans les faits, la moyenne des coûts des travaux « en dessous des estimés ».

Retour sur un mercredi chargé

M. Arsenault a été confronté mercredi à une série d'écoutes électroniques captées en 2008-2009 par les policiers de l'opération Diligence, et dans lesquelles on peut l'entendre discuter avec son conseiller politique Gilles Audette, un membre du C.A. du Fonds de solidarité, Louis Bolduc, mais surtout l'entrepreneur Tony Accurso et l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest.

La procureure LeBel a longuement interrogé M. Arsenault sur la possibilité qu'il utilisait ses entrées dans les officines politiques pour défendre ou promouvoir les intérêts de M. Accurso. Ce dernier était à la fois un ami de M. Arsenault... et un des principaux bénéficiaires des investissements du Fonds de solidarité FTQ et de son bras immobilier. M. Arsenault présidait alors le C.A. du Fonds de solidarité.

Michel Arsenault s'est défendu avec vigueur de ces allégations. Il a argué que les intérêts de M. Accurso pouvaient converger avec ceux de la plus grande centrale syndicale du Québec, mais a nié qu'il agissait comme une simple courroie de transmission. Il dément d'ailleurs que l'entrepreneur profitait d'un accès privilégié aux millions du Fonds de solidarité ou de la Solim et qu'il a pu lui renvoyer l'ascenseur de quelque manière que ce soit.

Les écoutes électroniques l'ont tout de même forcé à faire quelques aveux. Il a notamment admis qu'il a songé à utiliser le fait que la Solim avait investi dans Capital BLF, une société d'investissement appartenant au mari et au fils de Pauline Marois, pour faire pression sur la première ministre. Il ne l'a finalement pas fait.

Les écoutes électroniques ont aussi révélé que le mea culpa fait publiquement par Michel Arsenault après son séjour sur le Touch de Tony Accurso n'était que de la frime. « Ça change rien pour nous deux [...] c'est juste pour la galerie », l'entend-on dire à l'entrepreneur en mars 2009.

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