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30/01/2014 06:37 EST | Actualisé 01/04/2014 05:12 EDT

Afghanistan: Hagel appelle à nouveau Karzaï à signer l'accord de sécurité

Le chef du Pentagone Chuck Hagel a mis en garde jeudi le président afghan Hamid Karzaï en affirmant qu'à force de différer la signature de l'accord bilatéral de sécurité, Washington risque de ne plus avoir de temps pour s'organiser.

En visite à Varsovie, le secrétaire américain à la Défense a laissé percé son impatience devant le souhait de M. Karzaï de ne signer qu'après la présidentielle afghane du 5 avril le traité bilatéral de sécurité (BSA) entre les deux pays.

Négocié laborieusement pendant des mois, cet accord ouvre la voie au maintien d'un contingent américain en Afghanistan après le retrait de la force de l'Otan, d'ici à la fin 2014.

Le problème se pose également pour les pays de l'Otan engagés en Afghanistan, dont la Pologne, qui envisagent de maintenir un contingent pour former l'armée afghane et mener des opérations antiterroristes.

"Il ont des Parlements, des budgets, des citoyens, autant de facteurs à prendre en compte et de gens à qui rendre des comptes dans leur pays", a expliqué M. Hagel.

"On ne peut donc simplement pas différer et différer parce qu'à un certain point les réalités de la planification, y compris budgétaire, entrent en collision", selon lui.

A Kaboul, le conseiller à la sécurité nationale du président Karzaï, Rangin Dadfar Spanta, a toutefois fait état de progrès dans les discussions entre les deux pays.

"Aujourd'hui, je suis plus optimiste que la semaine dernière, attendons quelques jours de plus", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse.

"Il y a des efforts des deux parties pour débloquer la situation", a-t-il ajouté, tout en précisant que la signature du BSA restait subordonnée au "lancement effectif d'un processus de paix" avec les talibans, qui mènent une violente insurrection dans le pays depuis leur éviction du pouvoir en 2001.

Le président Karzaï appelle notamment Washington et ses alliés à en faire plus pour permettre le démarrage d'un tel processus de paix.

"Différer la signature (de l'accord) peut certes avoir des conséquences sur la paix et la stabilité en Afghanistan, mais signer un accord faible et vague aussi", a souligné M. Spanta.

Le ministre américain n'a pas caché sa circonspection face aux déclarations de M. Spanta: "je ne sais pas, ça change constamment", a-t-il raillé.

"La planification et les préparations sur ce que serait la mission (...) restent indéterminés tant que le BSA n'est pas signé", a-t-il martelé.

Dans l'hypothèse où l'accord serait signé, Washington pourrait maintenir 10.000 militaires en Afghanistan pendant deux ans après la fin 2014. D'autres pays de l'Otan ont également annoncé leur contribution en forces et financements.

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