Les antioxydants doperaient le risque de cancer du poumon

Publication: Mis à jour:
Print Article
ANTIOXYDANT
shutterstock

Les compléments de vitamines antioxydantes accélèrent le développement de lésions précancéreuses ou de cancers précoces du poumon chez des souris et des cellules humaines en laboratoire, montre une étude suédoise qui élucide pour la première fois ce mécanisme.

Les antioxydants, comme les vitamines A, C et E, permettent de neutraliser des radicaux libres produits par l'organisme qui sont nocifs en raison de leur pouvoir oxydant élevé pouvant endommager les cellules, accélérer le vieillissement et provoquer des cancers.

Les chercheurs ont longtemps pensé que les substances antioxydantes pouvaient aider à prévenir des tumeurs cancéreuses, mais plusieurs études cliniques récentes laissent à penser qu'elles n'ont aucun effet pour empêcher notamment le cancer du poumon. Pire, elles peuvent même en accroître le risque chez certains groupes vulnérables comme les fumeurs.

La raison de ce paradoxe restait jusqu'alors obscure, explique le Pr Martin Bergö, co-directeur du Centre du Cancer à l'Institut de Médecine de Göteborg et principal auteur de ces travaux parus dans la revue médicale américaine Science Translational Medicine.

Dans cette étude, des souris génétiquement modifiées pour développer de petites tumeurs dans leurs poumons ont été traitées avec des compléments de vitamine E et un médicament antioxydant.

« Nous avons constaté que ces antioxydants ont triplé le nombre de tumeurs et aussi fortement accéléré leur agressivité. [...] Et les antioxydants ont tué ces souris deux fois plus vite. Les effets de ces substances dépendaient de leur dosage. Ainsi, plus les doses étaient élevées, plus grands étaient les effets. »
— Pr Bergö

Ces résultats ont été reproduits dans deux modèles de recherche différents de souris et de cellules cancéreuses pulmonaires humaines in vitro, a précisé le chercheur.

Les antioxydants stimulent la progression du cancer en diminuant la quantité d'une protéine clé, appelée « p53 », dont le principal rôle est de détruire les cellules tumorales pour éviter qu'elles endommagent l'ADN.

« Quand nous avons éliminé cette protéine chez les souris et dans les lignées cellulaires de cancer du poumon humain, les antioxydants n'ont plus eu d'effet. »
— Pr Bergö

Les antioxydants ont une action délétère en diminuant les taux de radicaux libres dans les tumeurs, ce qui fait diminuer les quantités de protéine p53 dans le sang et laisse libre cours aux cellules cancéreuses pour se multiplier.

Les personnes ayant de petites lésions ou tumeurs non diagnostiquées dans les poumons, ce qui est plus probable chez des fumeurs, devraient éviter les compléments d'antioxydants, pense le chercheur.

Il reste à déterminer si cet effet néfaste des antioxydants se produit également pour d'autres types de cancers.

« On ignore encore si les antioxydants peuvent réduire un risque de cancer chez des personnes en bonne santé. »
— Pr Bergö

Le saviez-vous?

Une étude publiée en 2011 avait montré un lien entre le bêta-carotène, un puissant antioxydant présent dans de nombreux végétaux et consommé aussi sous forme de complément alimentaire, et une forme agressive de cancer de la prostate.

À lire aussi sur le HuffPost Québec

14 idées pour manger en santé
sur
Partager
Tweeter
PUBLICITÉ
Partager
fermer
Image affichée

Suggérer une correction