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29/01/2014 10:00 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Ukraine : le Parlement négocie, l'aide russe se fait attendre

Alors que l'aide économique promise à l'Ukraine par la Russie se fait attendre, le Parlement discutait mercredi à Kiev de nouvelles concessions à l'opposition.

Après avoir affirmé mardi que Moscou tiendrait ses engagements envers l'Ukraine même si le prochain gouvernement est formé par l'opposition, pro-européenne et nationaliste, le président russe Vladimir Poutine a retourné sa veste mercredi, indiquant qu'il souhaitait plutôt attendre la formation du nouveau gouvernement ukrainien avant de finir de mettre en oeuvre sa promesse d'aide de 15 milliards de dollars.

En décembre dernier, la Russie avait versé une première tranche d'aide de 3 milliards de dollars à l'Ukraine.

Toutefois, avec la démission mardi du premier ministre ukrainien Mykola Azarov, nommé en 2010 par le président prorusse Viktor Ianoukovitch, et de son gouvernement, la Russie se fait moins conciliante.

Discussions avec l'opposition à Kiev

Par ailleurs, à Kiev, le pouvoir et l'opposition se sont réunis afin de discuter d'une sortie de crise. Ils doivent parler notamment d'une amnistie des manifestants arrêtés pendant les troubles des deux derniers mois en Ukraine. Déjà mardi, en concession à l'opposition, le Parlement a abrogé les lois du 16 janvier qui réprimaient presque toute forme de manifestation.

« Le gouvernement est prêt à assurer les conditions nécessaires à la stabilisation nationale », a assuré le chef par intérim du gouvernement, le vice-premier ministre Serguiï Arbouzov.

Pour sa part, la représentante de la diplomatie européenne, Catherine Ashton, est arrivée mardi soir à Kiev après un sommet Russie-Union européenne (UE) à Bruxelles largement consacré à la crise ukrainienne. Elle doit s'entretenir mercredi avec le président Ianoukovitch, et les dirigeants de l'opposition.

La question est de savoir maintenant qui formera le prochain gouvernement et si cela sera suffisant pour calmer les manifestants, car l'opposition continue de demander la démission du président Ianoukovitch.

L'opposition a d'ailleurs rejeté l'offre du président de nommer à la tête du gouvernement l'un des chefs du mouvement de contestation, Arseni Iatséniouk.

« La démission de Ianoukovitch serait une mesure logique », a déclaré l'ancien boxeur Vitali Klitschko, un autre chef de l'opposition, proposant cependant de régler les problèmes « un à un ».

Malgré tout, le calme régnait mercredi matin dans le centre de Kiev. Seule une poignée de militants de l'opposition casqués et armés de bâtons « patrouillaient » sur la place de l'Indépendance.

Hors de la capitale, le siège de l'administration dans près de la moitié des régions reste occupé par les manifestants, qui réclament le départ des gouverneurs nommés par le chef de l'État. Là aussi cependant, la situation semblait s'être apaisée.

Le mouvement de contestation ukrainien est né de la décision soudaine, fin novembre, de Viktor Ianoukovitch de renoncer à signer un accord d'association en préparation depuis des années avec l'UE, pour se tourner vers la Russie, moyennant une ligne de crédit de 15 milliards de dollars et la baisse du prix du gaz.

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