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29/01/2014 11:31 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Syrie: minces progrès dans les négociations de paix

GENÈVE - La première phase des négociations de paix syriennes se terminera comme prévu vendredi à Genève, a dit mercredi le médiateur onusien Lakhdar Brahimi, avant de prévenir que le gouffre qui sépare le gouvernement et l'opposition demeure «très important».

M. Brahimi a expliqué aux journalistes qu'il ne s'attend pas à des progrès spectaculaires au cours des deux prochains jours.

Toutefois, a-t-il dit, «la glace se brise lentement». Il a indiqué que les deux parties décideront vendredi du moment où se déroulera la deuxième phase des pourparlers.

Les deux camps avaient réussi, plus tôt mercredi, à discuter de la question la plus épineuse: le gouvernement transitoire réclamé par l'opposition.

Mais lors d'une entrevue accordée à l'Associated Press, une conseillère du président syrien Bachar el-Assad, Bouthaina Shaaban, a déclaré qu'il serait très difficile d'organiser une élection présidentielle en Syrie, en raison de la violence de la guerre civile. Elle a aussi rejeté la formation d'un gouvernement de transition.

Un porte-parole de la délégation de l'opposition, Louay Safi, a dévoilé que la question d'un gouvernement transitoire a été mise sur la table pour la première fois. Il a ensuite précisé que la délégation gouvernementale a de nouveau déclaré que la fin des actes de terrorisme demeure sa priorité.

«Aujourd'hui nous avons eu un pas positif vers l'avant parce que, pour la première fois, nous avons parlé d'un gouvernement de transition, l'organisme qui aurait la responsabilité de chasser la dictature et de cheminer vers la démocratie et de mettre fin aux combats et à la misère en Syrie», a-t-il dit.

Le gouvernement syrien «semble plus disposé à discuter de la question, mais il cherche toujours à la placer au bas de l'agenda», a ajouté M. Safi.

«Nous leur avons dit que ça doit passer en premier, parce qu'aucun autre progrès ne sera réalisé tant que nous n'aurons pas formé de gouvernement de transition», a-t-il poursuivi.

Mme Shaaban a de son côté affirmé que l'opposition semblait plus prête à discuter de terrorisme, et elle a estimé que les discussions de la journée ont été productives.

«Le problème est qu'ils s'intéressent seulement au gouvernement de transition. Ils s'intéressent seulement au gouvernement, ils ne sont pas intéressés à mettre fin à la guerre», a-t-elle dit avant de déclarer que les discussions ont pris fin «sur une note plus positive».

En dépit de ces progrès très modestes, les chances d'une percée importante sont essentiellement nulles d'ici à ce que prenne fin la conférence, vendredi, et que tous les délégués rentrent chez eux, puisque les deux parties continuent à se blâmer mutuellement pour l'impasse qui persiste.

Mme Shaaban a laissé entendre que le régime pourrait accepter un gouvernement d'unité nationale qui incluerait des membres de l'opposition, mais pas un gouvernement transitoire.

«Rien au monde ne s'appelle un gouvernement transitoire. Nous n'avons rien contre un gouvernement élargi, un gouvernement d'unité nationale», a-t-elle dit.

Mme Shaaban a ensuite laissé entendre que l'élection présidentielle prévue pour cet été pourrait ne pas avoir lieu.

«Si on y pense aujourd'hui, il est très difficile d'imaginer comment des élections présidentielles pourraient être menées dans une telle ambiance, a-t-elle expliqué. La chose logique à faire est d'essayer de mettre fin à la violence et ensuite d'enclencher le processus politique. Qu'il s'agisse d'une élection présidentielle ou d'une élection parlementaire, on a besoin de paix et de tranquilité pour y parvenir.»

Elle a ensuite répété ce que le président Assad a déjà dit: qu'il doit y avoir une élection et qu'il ne voit aucune raison de ne pas de nouveau briguer les suffrages.

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