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29/01/2014 02:38 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Russie: croissance économique de 1,4% en 2013 (ministre)

La croissance de l'économie russe a nettement ralenti en 2013 et a atteint 1,4%, comme l'avait prévu le gouvernement, a annoncé mercredi le ministre du Développement économique, Alexeï Oulioukaïev.

"Le rythme de croissance économique l'an dernier n'est en aucun cas satisfaisant, à 1,4%", a déclaré M. Oulioukaïev devant les sénateurs, cité par l'agence Interfax.

Il s'agit de la croissance la plus faible depuis la récession de 2008-2009. En 2012, la Russie avait enregistré une hausse de 3,4% de son Produit intérieur brut (PIB), après 4,3% en 2011.

Même si cette performance est plus élevée que celle enregistrée par bien des pays de l'UE, elle est insuffisante, de l'aveu des autorités russes, à la modernisation du pays.

M. Oulioukaïev a expliqué que la croissance avait été freinée aussi bien par des facteurs externes, tels que la récession chez certains partenaires commerciaux de la Russie, qu'internes, comme le faible niveau des investissements dans le pays.

Ceux-ci ont reculé de 0,3% par rapport à l'année précédente, selon le ministre.

Il a toutefois souligné que le chômage restait à des niveaux très bas, à 5,5%. Même s'il a augmenté en cours d'année, "la situation reste acceptable", a-t-il observé.

Le gouvernement, qui tablait début 2013 sur une croissance du PIB de 3,6%, a été contraint à plusieurs reprises en cours d'année de réviser ses pronostics.

Et en décembre, M. Oulioukaïev avait reconnu que la "stagnation" traversée par la Russie, considérée longtemps comme l'un des pays émergents les plus dynamiques, durait et risquait de se poursuivre dans les années à venir.

L'institut des statistiques Rosstat, qui doit encore annoncer sa propre estimation de la croissance, avait déjà publié quelques indicateurs peu réjouissants, tels que la production industrielle, restée au point mort en 2013 à +0,3%, ainsi que l'inflation, à 6,5%, soit bien au-delà des objectifs officiels.

Selon les analystes d'Alfa-Bank, avec une croissance de 1,4%, la Russie a enregistré "une des pires performances parmi les économies émergentes".

De fait, cela ne devrait pas rassurer les investisseurs qui font déjà preuve de défiance envers les marchés émergents, ce qui se répercute sur le niveau du rouble.

La monnaie russe s'est en effet nettement affaiblie par rapport aux devises européenne et américaine ces derniers jours. Elle a atteint la semaine dernière son plus bas niveau historique par rapport à l'euro et évolue depuis à des niveaux jamais vu, bien au delà de 47 roubles pour un euro.

Selon l'agence Ria Novosti, la Banque centrale de Russie, qui a décidé de réduire progressivement son arsenal de mesures encadrant la devise russe pour la laisser flotter librement dès 2015, a toutefois vendu 1 milliard de dollars lundi pour enrayer la dégringolade de la monnaie russe, vue d'un très mauvais oeil par la population qui a notamment encore en mémoire la dévaluation de 1998.

edy/bfi

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