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29/01/2014 08:19 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Pakistan: Sharif donne "une autre chance" au dialogue avec les talibans

Le Premier ministre pakistanais Nawaz Sharif a réitéré mercredi son offre de dialogue de paix avec les talibans, dissipant les rumeurs d'offensive militaire imminente contre les rebelles après leurs attentats sanglants.

Interrogé par l'AFP après cette annonce, un porte-parole du Mouvement des talibans du Pakistan (TTP) a indiqué que les rebelles étaient ouverts au dialogue mais devaient d'abord se réunir pour y répondre.

Appelant les rebelles à un cessez-le-feu, M. Sharif a annoncé la formation d'un comité destiné à enclencher enfin le dialogue de paix qu'il cherche à établir avec le TTP depuis son retour au pouvoir en mai dernier.

Ces déclarations n'ont pas apaisé dans l'immédiat le flot de critiques qui se sont abattues ces dernières semaines sur son gouvernement, accusé de manquer de fermeté après une série d'attentats qui a tué au moins 114 personnes en moins d'un mois depuis le début de l'année, selon un décompte de l'AFP.

Quelques heures plus tôt, trois attentats à la bombe, revendiqués par le TTP et visant des membres des forces de sécurité, ont fait au moins quatre morts à Karachi, la mégalopole du sud, selon les autorités locales.

Dans un discours très attendu prononcé devant le Parlement, M. Sharif a d'abord rendu un vibrant hommage aux victimes du terrorisme dans le pays. "Des citoyens lambda sont visés, nos enfants innocents meurent" et "la société vit dans la peur", a-t-il souligné.

Dénonçant le rejet par les talibans de sa première offre de dialogue, il les a également accusés de travestir les enseignements de l'islam, avant d'ajouter: "Notre existence même est menacée. Nous ne pouvons pas rendre la nation et le pays otages des rebelles".

"Je sais qu'aujourd'hui, si l'Etat veut éliminer les terroristes par la force, la nation entière le soutiendra. Mais comme la proposition de dialogue a également été émise par l'autre partie, nous voulons donner une autre chance à une solution de paix", a-t-il poursuivi.

Pour aider à relancer ce dialogue, M. Sharif a annoncé la constitution d'un comité de quatre personnalités, incluant Rahimullah Yousufzai, un journaliste expérimenté et réputé spécialiste du nord-ouest et du conflit entre gouvernement et rebelles islamistes.

"Nous sommes prêts à de vraies négociations à condition que le gouvernement soit sincère dans le but recherché ", a aussitôt réagi auprès de l'AFP le porte-parole du TTP, Shahidullah Shahid, ajoutant que le conseil central du mouvement était en réunion pour étudier la déclaration de M. Sharif.

Déjà Premier ministre dans les années 1990, M. Sharif est revenu au pouvoir en mai dernier après sa victoire aux élections en prônant le dialogique pour mettre fin aux violences des islamistes talibans, dont les attaques ont tué près de 7.000 personnes dans le pays depuis 2007.

Mais les efforts pour amener les rebelles à la table des négociations ont jusqu'ici échoué, faute de trouver un terrain d'entente entre le gouvernement et l'armée - toujours puissante - d'une part, et les rebelles de l'autre.

Les talibans ont jusqu'ici souligné qu'ils n'accepteraient de discuter que si l'armée se retirait de leurs bastions des zones tribales du nord-ouest, une région très stratégique car frontalière de l'Afghanistan. Ils réclament également l'arrêt des tirs de drones américains qui visent leurs combattants et leurs alliés d'Al-Qaïda dans ces régions.

Or peu d'observateurs jugent qu'Islamabad et Washington seraient prêts à accepter ces conditions, de surcroît à l'entame d'une année qui s'annonce cruciale (élection présidentielle, retrait de la grande majorité de la force de l'Otan) pour la stabilité de l'Afghanistan voisin des zones tribales pakistanaises.

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