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29/01/2014 07:55 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Malawi: premier des procès pour le grand scandale de corruption

Le premier des procès pour le scandale de corruption sans précédent qui a secoué le Malawi ces derniers mois et irrité les donateurs étrangers, a débuté mercredi à Blantyre devant un public nombreux.

Un fonctionnaire et deux hommes d'affaires ont comparu alors que 68 personnes ont été inculpées à ce jour et seront successivement jugées dans cette affaire qui a placé le Malawi sous forte pression internationale.

"Je prie pour que cela aille vite", a déclaré le ministre de l'Information Brown Mpinganjira à l'AFP. "Nous voulons des réponses et elles viendront de la procédure judiciaire".

Les autorités ont identifié un trou de 20 millions de dollars dans les caisses de l'Etat dans cette affaire dite du "cashgate", a-t-il dit, mais les sommes détournées pourraient atteindre 100 millions de dollars ou davantage, selon des informations non confirmées.

Les fonctionnaires utilisaient le système de paiement informatisé du gouvernement pour effectuer des virements au profit de sociétés écrans facturant des services fantômes.

D'autres arrestations pourraient avoir lieu, une fois achevée un audit mené avec l'aide de la Grande-Bretagne et de l'Union européenne, selon M. Mpinganjira, qui promet un rapport "irréfutable".

Le scandale a entrainé la suspension de 150 millions de dollars d'aide extérieure.

Le Fonds monétaire international (FMI) a cependant approuvé en janvier une ligne de crédit de 20 millions de dollars, satisfait des réformes de la présidente Joyce Banda.

Celle-ci a accédé au pouvoir en 2012 après le décès brutal de son prédécesseur Bingu wa Mutharika dont le deuxième mandat avait été marqué par une dérive autoritaire.

Après la révélation des malversations éclaboussant des fonctionnaires au plus haut sommet de l'Etat, elle a limogé tout son gouvernement et formé un nouveau cabinet.

La plupart des ministres ont finalement gardé leur poste mais quatre ont été définitivement remerciés, dont ceux des Finances et Justice. Ce dernier a été même arrêté en lien avec l'enquête sur la tentative d'assassinat d'un haut fonctionnaire anti-corruption.

Ce grand ménage pourrait lui aliéner des soutiens dans sa campagne pour les élections générales du 20 mai. Elle affrontera trois candidats dont Peter Mutharika, frère de son prédécesseur qui avait déjà tenté de lui ravir le pouvoir en 2012.

Le 24 janvier, elle a enregistré la défection de l'un des trois vice-présidents de son parti, le Parti du Peuple. M. Sidi Mia a démissionné de son poste de ministre des Transports, sans raison officielle. Selon une source au PP, il était vexé de ne pas avoir été choisi comme futur vice-président par Mme Banda.

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