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29/01/2014 09:12 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Les marchés asiatiques ouvrent en net repli, inquiets pour les pays émergents

Les marchés asiatiques étaient en net repli jeudi, déçus par la décision de la banque centrale américaine (Fed) de resserrer sa politique monétaire malgré les turbulences dans les pays émergents.

La Bourse de Tokyo était la principale victime de la matinée: son indice vedette Nikkei 225 chutait de 3,33% peu avant la pause méridienne. Les autres places financières ont aussi débuté en net recul, bien que de façon moins marquée: Hong Kong perdait 1,42%, Sydney 1,0%, Singapour 1,02%, Manille 1,37% et Jakarta 1,37%.

A la veille du Nouvel An lunaire, Shanghai cédait 0,20%. Taipei et Séoul étaient fermées pour cause de jour férié.

"Les marchés asiatiques sont pris entre le marteau et l'enclume - la réduction de l'aide monétaire américaine et le mouvement de vente général observé sur les marchés des pays émergents", a expliqué Frances Cheung, analyste au Crédit Agricole.

Les investisseurs regrettaient la décision de la Fed mercredi de réduire encore un peu son soutien monétaire à l'économie des États-Unis. La banque centrale, qui estime que la croissance de l'économie américaine s'est "accélérée", va réduire de 10 milliards de dollars ses achats d'actifs mensuels à partir de février en les portant à 65 milliards de dollars.

Risque de déstabilisation dans les pays émergents

Mercredi, le Dow Jones, qui était parvenu mardi à mettre fin à une série de cinq séances consécutives dans le rouge, est de nouveau reparti à la baisse, cédant 1,16%. Les places européennes ont également fini dans le rouge même si elles ont clôturé avant l'annonce: -0,43% à Londres, -0,68% à Paris.

La décision de la Fed pourrait exacerber les mouvements de capitaux qui déstabilisent le globe depuis le printemps dernier, particulièrement dans les pays émergents. Les investisseurs ont en effet tendance à retirer massivement leurs fonds de ces pays, où ils les avaient placés en profitant des liquidités abondantes mises sur le marché par la Fed jusque-là. Mais comme ce flot d'argent commence à se tarir, les opérateurs retirent leurs billes.

Or un retrait désordonné des fonds placés dans les pays émergents pourrait être catastrophique pour ces économies, que ce soit en Turquie, en Afrique du Sud ou en Argentine, et avoir des conséquences in fine sur les économies développées, d'où la chute des marchés asiatiques jeudi.

"Le marché est déçu que la Fed n'ait fait aucune référence aux pays émergents" dans son communiqué de politique monétaire à l'issue d'une réunion de deux jours, a expliqué à l'AFP Hirokazu Kabeya, courtier chez Daiwa Securities.

Les investisseurs "se demandent si les autorités ne sont pas un peu trop optimistes" à propos de la situation sur les marchés, a-t-il ajouté. "Même si la Fed était décidée à réduire son aide monétaire, elle aurait pu dire au moins qu'elle suivait +la situation attentivement+ ou quelque chose comme ça. Si elle l'avait fait, la situation serait très différente aujourd'hui", a conclu l'analyste.

Hausse des taux

Avant même la décision de la Fed, les banques centrales de plusieurs pays émergents ont tenté de contre-attaquer, comme en Turquie où l'institut d'émission a annoncé une très forte augmentation de ses principaux taux directeurs (de 4,4 à 10% pour son taux hebdomadaire) ou en Afrique du Sud où la banque centrale a légèrement relevé son taux de base de 5 à 5,5%.

La Turquie et l'Afrique du sud ont emboîté le pas à l'Argentine, l'Inde, ou encore à la Russie, qui avaient sorti l'artillerie lourde sur le plan monétaire les jours précédents (contrôles sur l'achat de devises, hausses de taux ou injections de liquidités...).

Le répit aura toutefois été de courte durée mercredi. La livre turque a rapidement perdu une bonne part des gains engendrés par la hausse des taux, le rouble a touché un plus bas historique face à l'euro et le rand sud-africain a plongé face au dollar.

Pour jeudi, Mme Cheung du Crédit Agricole prévoit que les monnaies indiennes et indonésiennes pourraient souffrir à leur tour.

Le dollar et l'euro résistaient jeudi face au yen --valeur refuge en Asie en cas de turbulences-- par rapport à leur cours la veille à New York mais s'affichaient en net repli par rapport aux niveaux enregistrés plus tôt mercredi en Asie.

Vers 03H00 GMT, le billet vert valait 102,22 yens contre 102,25 mercredi à New York et 103,30 yens à Tokyo. L'euro s'échangeait 139,53 yens contre 139,71 la veille à New York et 141,05 à Tokyo.

La monnaie unique européenne valait 1,3657 dollar contre 1,3662 dollar la veille.

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