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29/01/2014 08:42 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Le Soudan du Sud a remis au Kenya sept des 11 partisans de Machar détenus (Nairobi)

Le Kenya a annoncé mercredi que les autorités du Soudan du Sud lui avaient remis sept des 11 partisans de l'ancien vice-président sud-soudanais Riek Machar, détenus depuis le début du conflit mi-décembre entre l'armée gouvernementale et les troupes de M. Machar.

"Le président du Soudan du Sud, Son Excellence Salva Kiir, m'a confié sept des 11 détenus précédemment détenus", a déclaré le président kényan Uhuru Kenyatta lors d'une conférence de presse à Nairobi, en présence des sept prisonniers libérés.

Les quatre autres détenus, tous des figures du parti au pouvoir, vont être jugés pour tentative de coup d'Etat, avait annoncé mardi soir le ministre sud-soudanais de la Justice, Paulino Wanawila. Cette décision est susceptible de fragiliser encore la trêve précaire signée le 23 janvier après trois semaines de laborieuses négociations à Addis Abeba.

Les dirigeants des pays de l'Igad, l'organisation est-africaine qui a assuré la médiation dans la crise sud-soudanaise, vont "continuer de discuter à leur sujet" avec Salva Kiir, a poursuivi M. Kenyatta.

Les sept détenus libérés sont également des figures du régime sud-soudanais issu de la guérilla sudiste ayant combattu Khartoum lors de la longue guerre civile (1983-2005) qui a débouché sur l'indépendance du Soudan du Sud en juillet 2011. Ils se sont exprimés par la voix de l'un d'entre eux, l'ex-ministre de la Justice John Luk Jok.

"Nous continuons de reconnaître notre président Salva Kiir. Nous voulons dire au monde que nous ne considérons aucunement le président (Kiir) comme notre ennemi", a déclaré John Luk Jok, limogé avec Riek Machar et l'ensemble du gouvernement en juillet 2013.

Il a dit souhaiter pouvoir contribuer avec ses camarades "à rétablir la paix" au Soudan du Sud.

"Nous sommes honteux de ce qui s'est passé, nous espérons que la crise sera résolue dès que possible", a-t-il poursuivi, "nous ne sommes pas aigris, juste tristes que la crise dans notre pays survienne juste après notre indépendance".

John Luk Jok a remercié le président Kenyatta d'avoir permis leur libération.

Le camp Machar avait initialement exigé la libération des 11 détenus comme préalable à un cessez-le-feu. Celui-ci a finalement été paraphé en même temps qu'un second document, assez vague, stipulant que les médiateurs s'engageaient à "accélérer leur libération".

Le président Kiir a laissé entendre qu'il pourrait utiliser son pouvoir de grâce, mais pas avant que le processus judiciaire n'aille à son terme.

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