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29/01/2014 06:14 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Le pape dénonce la pratique "non chrétienne et inhumaine" de l'usure

Le pape François a fustigé mercredi devant la foule assemblée sur la place Saint-Pierre la "plaie inhumaine" et "anti-chrétienne" de l'usure qui enfonce les plus pauvres dans des difficultés inextricables.

"Quand une famille n'a pas à manger parce qu'elle doit payer son prêt au usuriers, non, cela n'est pas chrétien, cela est inhumain!", s'est exclamé en italien lors de l'audience générale hebdomadaire le pape argentin, dans une de ses nombreuses références aux injustices qui marginalisent encore plus les pauvres, dans les pays du Sud mais aussi en Italie, notamment avec la mafia.

C'est une "plaie sociale", a-t-il dénoncé avec force. Ces propos ont été lancés en présence de plus de 3.000 volontaires travaillant au sein de fondations chargées de lutter contre ce phénomène.

François a souhaité que les institutions "puissent intensifier leur engagement aux côtés des victimes" de l'usure.

L'usure, qui consiste à fournir des prêts à des taux prohibitifs de sorte que le débiteur ne puisse pas les rembourser, donne des armes redoutables au créancier. Il peut obliger son débiteur à lui céder ses biens ou à commettre pour lui des actions criminelles.

Lors de l'Angélus de dimanche dernier, François avait évoqué la mafia, en exprimant son émotion après le meurtre d'un enfant, Coco, 3 ans, dont le cadavre avait été retrouvé dans une voiture brûlée, victime d'un règlement de comptes entre trafiquants de drogue en Calabre. Cette cruauté avait suscité un émoi dans toute l'Italie, où les mafias, malgré leur inhumanité, s'en prennent rarement aux enfants.

Plusieurs papes se sont déjà élevés contre l'usure. Benoît XVI notamment avait dénoncé le "fléau social" de l'usure en juillet 2009, appelant l'Etat italien à aider les familles lésées par cet "esclavage".

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