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29/01/2014 07:04 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Lapointe confirme sa place singulière sur la scène de la chanson française

PARIS - Après avoir fait ses armes avec succès ces dernières années au Bataclan, à la Cigale, au Café de la danse, à la Boule noire et même au Théâtre de l'Atelier, Pierre Lapointe s'est produit à l'Olympia de Paris mercredi soir pour la première fois de sa carrière.

L'événement est venu confirmer la place singulière qu'occupe le Québécois sur la scène française. En France, Lapointe n'est pas très connu, en effet, et ses chansons ne passent pas à la radio, mais il jouit de l'estime de la critique et possède un public fidèle, qui a presque rempli le légendaire musical hall du boulevard de Capucines. Les choses ne peuvent donc qu'aller de mieux en mieux pour Lapointe, qui a déploré, dans la presse française, que la «chanson francophone tourne en rond depuis plusieurs années».

«Je sens ce malaise chez la plupart de mes confrères. Particulièrement en France où les gens se sont mis à écrire de la chanson en anglais, comme pour extérioriser ce malaise. Ce qui, à mon avis, est une erreur. Je pense, au contraire, qu'il faut s'attarder sur la chanson française et la faire exploser», a-t-il dit.

A l'Olympia (puis ensuite dans une dizaine de villes françaises), Lapointe est venu présenter son spectacle Punkt, dont l'album vient de paraître en France, en format numérique, un an après sa sortie québécoise.

Dans la salle, il y avait beaucoup de Québécois mais plus encore davantage de spectateurs français, et pas mal d'invités, apparemment (dont l'ancienne ministre Louise Beaudoin). Tout ce beau monde a fait un triomphe au chanteur, qu'on n'avait pas vu en France depuis deux ans. Le spectacle s'est terminé sur une ovation, le public célébrant du même souffle l'apparition sur scène de M (Mathieu Chedid) venu pour un duo guitare-voix avec Lapointe, avant de jouer les «guitar heroes», comme on dit à Paris, sur «Deux par deux rassemblés».

En fond de scène, le mot Punkt était écrit en grandes lettres rouges gonflables. Fidèle à son personnage, Lapointe, portant jeans rouges et blouson de cuir et entouré de quatre musiciens remarquables (dont la bassiste Amélie Mandeville), parle beaucoup. A peine terminé le petit morceau instrumental qui ouvre le spectacle, après avoir été longuement applaudi et appelé les spectateurs à rester calmes, il se lance dans un long et amusant monologue, où les spectateurs apprennent qu'ils vont assister à un «spectacle extraordinaire qui risque de changer leur vie», en plus d'être riche en émotions et «chargé sexuellement».

Mais l'humour de Pierre Lapointe ne vise qu'à désamorcer la noirceur, la mélancolie, voire la solitude qui transpirent de textes comme «Nos joies répétitives», qu'il livre tantôt sur de puissants accords pop, tantôt en mode piano-voix, tantôt entouré de ses quatre musiciens l'accompagnant ensemble à la guitare acoustique.

Après sa série de spectacles français, Pierre Lapointe reprend sa " tournée Punkt " au Québec le 25 février, avec un spectacle à la Place des Arts, à Montréal.

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