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29/01/2014 12:16 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Égypte: 20 journalistes, dont un Canado-Égyptien, sont accusés de terrorisme

TORONTO - Les proches d'un journaliste canado-égyptien emprisonné depuis un mois au Caire, en Égypte, ont réclamé l'aide d'Ottawa, mercredi, après avoir appris que Mohammed Fahmy était maintenant accusé de liens avec une organisation terroriste.

M. Fahmy, chef de bureau d'Al-Jazira au Caire, figure parmi les 20 journalistes qui ont été accusés de plusieurs infractions, mercredi, dans ce qui pourrait être le tout premier procès intenté en Égypte contre des reporters relativement à des accusations de terrorisme.

Il est accusé de s'être servi d'équipement illégal, d'avoir diffusé des nouvelles erronées mettant en danger la sécurité nationale, et d'être un membre des Frères musulmans, un groupe dépeint par le gouvernement égyptien d'organisation terroriste, a expliqué sa famille.

«C'est vraiment devenu une situation désespérée, a lancé son frère, Sherif Fahmy. «Nous sommes de fiers citoyens canadiens. Nous sommes devenus Canadiens parce que nous croyons que le Canada est le pays le plus respectable et il défend toujours ses citoyens. Nous avons besoin du gouvernement canadien pour sauver mon frère», a-t-il affirmé.

M. Fahmy et deux de ses collègues, l'Australien Peter Greste et l'Égyptien Baher Mohamed, ont été arrêtés le 29 décembre dans une chambre d'hôtel où ils avaient installé leurs quartiers après que les autorités égyptiennes eurent fouillé les locaux d'Al-Jazira.

Ces arrestations font suite à la violente répression des autorités contre les Frères musulmans, alors que le gouvernement égyptien a accusé Al-Jazira de complaisance envers le président islamiste déchu, Mohammed Morsi, et sa formation politique. L'ancien président a été chassé du pouvoir en juillet dernier lors d'un coup d'État orchestré par l'armée.

La direction du réseau, qui ne compte plus aucun journaliste sur le terrain en Égypte, se défend contre ces accusations et exige la libération de ses reporters, dont l'arrestation a déclenché un tollé au sein des groupes de défense des droits de la personne et des organisations journalistiques.

La Maison-Blanche a elle aussi dénoncé ces arrestations. La porte-parole du département d'État, Jen Psaki, a déclaré mercredi que Washington demeurait «profondément troublé par le manque de liberté d'expression et de liberté de presse» en Égypte. Les États-Unis ont déjà suspendu une partie du milliard de dollars versés en aide financière au Caire.

Mercredi, le procureur en chef de l'Égypte a déféré à la justice 20 journalistes du réseau télévisé Al-Jazira, parmi lesquels figurent quatre étrangers, dont M. Fahmy.

Ils sont accusés d'avoir «trafiqué des photos» pour créer «des images irréelles donnant l'impression au monde extérieur qu'une guerre civile menaçait de détruire l'État», et diffusé des images pour aider «le groupe terroriste à parvenir à ses fins».

Selon les proches de M. Fahmy, les éléments de preuves qu'eux et le réseau Al-Jazira ont déposé pour réfuter ces allégations ne semblent pas avoir été pris en compte.

«Mon frère est tout le contraire de ces idéologies et n'a rien avoir avec de tels groupes», a affirmé Sherif Fahmy.

Les parents du journaliste, qui ont quitté Montréal pour le Caire il y a deux semaines, ont informé les autorités canadiennes des plus récents développements dans le dossier mais ont dit être conscients que les agents consulaires ne pourraient pas en faire plus.

La famille Fahmy s'est établie au Canada en 1991. Mohammed Fahmy a vécu à Montréal et Vancouver pendant plusieurs années avant de partir à l'étranger pour CNN et le New York Times, entre autres.

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