NOUVELLES
29/01/2014 12:13 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

GB: David Cameron "préoccupé" par la condamnation à mort d'un Britannique au Pakistan

Le Premier ministre britannique David Cameron s'est dit mercredi "très préoccupé" par la condamnation à mort pour blasphème par la justice pakistanaise, d'un Britannique souffrant de troubles mentaux, ajoutant que ses inquiétudes avaient été transmises à Islamabad.

"Nous prenons cette affaire très au sérieux et nous l'avons signifié à tous les niveaux", a-t-il déclaré devant le parlement, en réponse à une question sur le cas de ce Britannique de 69 ans qui a vécu 40 ans au Royaume-Uni et a encore de la famille dans le pays.

Mohammad Asghar, britannique d'origine pakistanaise, a été condamné à la peine capitale la semaine dernière par un tribunal de Rawalpindi, ville voisine de la capitale Islamabad où il avait été arrêté en 2010 pour avoir écrit des lettres dans lesquelles il disait être un prophète.

Le tribunal pakistanais avait rejeté les arguments de la défense soulignant qu'il devait être acquitté en raison de ses problèmes mentaux. Les juges avaient notamment mis en avant le rapport d'un comité médical local qui l'avait estimé "normal".

"Je suis très préoccupé par la condamnation à mort de M. Mohammad Asghar et, comme vous le savez, nous sommes opposés de longue date à la peine de mort quelles que soient les circonstances", a ajouté le Premier ministre britannique.

"Les autorités pakistanaises ne peuvent ignorer l'intérêt que nous portons à ces développements", a-t-il encore dit.

Plusieurs contacts diplomatiques ont eu lieu entre les deux pays lundi et mercredi sur le sujet, a-t-il précisé.

La famille de M. Asghar a souligné par le truchement d'un communiqué de Reprieve, une ONG britannique de défense des droits de l'Homme, que le condamné avait été interné en 2010 en Ecosse après que des médecins l'eurent déclaré atteint de paranoïa schizophrène.

Le blasphème est un sujet qui enflamme facilement les foules au Pakistan, pays musulman à 97%. Aux termes d'une loi très controversée, porter atteinte au prophète Mahomet est passible de la peine de mort.

Le Pakistan n'a toutefois exécuté aucune personne condamnée à la peine capitale depuis 2008, à l'exception d'un soldat condamné en cour martiale.

Plusieurs affaires de blasphème, notamment vis-à-vis de la minorité chrétienne, ont suscité ces dernières années l'émotion de la communauté internationale.

ar-mc/dh/ai

PLUS:hp