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29/01/2014 08:37 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

France: polémique sur le désamiantage de la Tour Montparnasse, partiellement évacuée

La controverse se poursuit mercredi sur les travaux de désamiantage de la Tour Montparnasse, emblématique immeuble parisien de 210 m de haut, après la décision des services de l'Etat d'évacuer leurs 200 agents travaillant sur place.

Citant les conclusions d'un rapport d'expert, la préfecture d'Ile-de-France a mis en cause l'organisation des travaux dans les pollutions récentes, annonçant dans la foulée l'évacuation de ses 200 agents.

Les quelque 300 copropriétaires (sociétés, investisseurs ou particuliers) du gratte-ciel où travaillent environ 5.000 personnes ont réagi en soulignant qu'il n'y avait "actuellement pas de risque sanitaire" dans la Tour où "tous les travaux de désamiantage sont arrêtés".

Un expert avait été mandaté en août 2013, après des dépassements répétés des seuils de pollution autorisés pour la fibre cancérigène. Ces dépassements avaient conduit des entreprises à évacuer par précaution le célèbre édifice parisien, situé près de la garde du même nom.

Dans son rapport définitif, remis mercredi, l'expert "établit que le dispositif de désamiantage" mis en place par les copropriétaires présente "un certain nombre de lacunes", a indiqué la préfecture d'Ile-de-France. Il confirme aussi que la ventilation a constitué une source de diffusion d'amiante dans la Tour.

Dans la foulée de ce rapport, la région Ile-de-France a annoncé que ses 200 agents travaillant dans la Tour, longtemps l'immeuble le plus haut de France, allaient commencer à quitter "dès ce jour" le bâtiment, "considérant le risque sanitaire".

Mais les copropriétaires soulignent que ce déménagement "avait été décidé depuis plusieurs mois " et notent qu'"aucun élément nouveau n'en est aujourd'hui la cause".

Les travaux de désamiantage, qui ont démarré il y a sept ans et ont déjà coûté quelque 250 millions d'euros aux copropriétaires, sont suspendus depuis le mois d'octobre. Ils ne doivent pas s'achever avant 2017.

Dans son rapport d'étape en décembre, l'expert avait déjà relevé que les gaines d'aération avaient véhiculé de l'amiante lorsque des travaux avaient eu lieu à proximité.

De son côté, l'Association des victimes de l'amiante (Andeva) avait estimé que cela démontrait qu'il était déraisonnable de vouloir désamianter "par petits morceaux" un tel bâtiment, un responsable appelant la préfecture à "forcer les copropriétaires" à désamianter d'un bloc et donc à évacuer la Tour.

Ce dossier, qui avait terni à l'automne le quarantième anniversaire de l'édifice. Une information judiciaire a en outre été ouverte le 4 octobre par le parquet de Paris, notamment pour "mise en danger de la vie d'autrui".

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