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29/01/2014 08:56 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

CGI ne croit pas que ses ennuis aux États-Unis vont entacher sa réputation

MONTRÉAL - La décision du gouvernement américain de ne pas renouveler son entente avec le Groupe CGI pour la mise en oeuvre du site Internet de la réforme de l'assurance maladie n'entachera pas sa réputation, croit la société informatique québécoise.

Des problèmes techniques survenus en octobre dernier lors de la mise en ligne du site «Healthcare.gov» avaient notamment empêché plusieurs Américains d'adhérer au nouveau régime de couverture médicale «Obamacare».

«Ce site fonctionne et plus de trois millions de personnes ont été en mesure de s'enregistrer», a rappelé le fondateur et président exécutif du conseil de l'entreprise, Serge Godin, mercredi, lors d'une entrevue en marge de l'assemblée annuelle des actionnaires.

«Nous avons quelque 2500 clients dans le secteur des technologies de l'information et plus de 90 pour cent d'entre eux sont plus que satisfaits, a-t-il ajouté. (Healthcare.gov) est seulement un contrat où les pépins ont généré de l'attention.»

Le contrat de CGI Federal, la filiale américaine de l'entreprise montréalaise, devait venir à échéance en février. Il a été rapporté, plus tôt ce mois-ci, que l'administration Obama avait l'intention de signer une entente d'un an, évaluée à 90 millions $ US, avec la firme de consultants Accenture.

La société informatique québécoise avait été sélectionnée en septembre 2011 pour la plus importante partie du contrat (93,7 millions $ US) de mise en oeuvre du site «Healthcare.gov» afin que les Américains puissent adhérer au nouveau régime de couverture médiale.

Le président et chef de la direction de CGI, Michael Roach, a quant à lui assuré que l'entreprise avait encore des assises solides aux États-Unis malgré l'attention médiatique négative générée par ce dossier.

«Plus de 50 pour cent de nos revenus (aux États-Unis) sont récurrents, a-t-il souligné. Nous allons en tirer des leçons, c'est certain, mais nous ne sommes pas barrés.»

M. Roach a dit que la mise en oeuvre du site Web de la réforme de l'assurance maladie aux États-Unis était complexe, mais que CGI (TSX:GIB.A) ne peut se permettre de reculer devant ce type de projet.

«Si vous voulez être partout dans le monde, vous ne pouvez pas toujours reculer, a-t-il observé. C'était un projet unique et nous avons eu un rôle important afin qu'il puisse aller de l'avant.»

CGI est également impliqué dans des projets similaires dans six autres États américains en ce qui a trait à la couverture médiale.

Quant à ses résultats du premier trimestre, terminé le 31 décembre dernier, l'entreprise a raté la cible des analystes malgré la progression de son bénéfice net, qui été de 189,8 millions $, ou 60 cents l'action.

À la même période l'an dernier, le bénéfice net avait été de 22,4 millions $, ou sept cents par action.

En excluant les coûts d'acquisition de la firme européenne Logica, le bénéfice ajusté de CGI a été de 207,9 millions $, ou 65 cents l'action, en hausse de près de 47 pour cent par rapport à 137,8 millions $, ou 44 cents par action, à la même période l'an dernier.

Quant aux revenus de CGI, ils ont été de 2,6 milliards $, en progression de 4,4 pour cent comparativement à 2,5 milliards $ à la même période l'année dernière.

Cette performance est néanmoins en deçà de la prévision des analystes sondés par Thomson Reuters, qui s'attendaient à des profits ajustés de 70 cents l'action ainsi qu'à des revenus de 2,64 milliards $.

Maher Yaghi, des Desjardins Marché des capitaux, a affirmé que les résultats de CGI ont «légèrement raté» les prévisions «agressives» des analystes.

«Les contrats sont à la hausse, ce qui devrait rassurer certains investisseurs quant à la mauvaise publicité qui a récemment entouré la société», écrit l'analyste dans un rapport.

Selon lui, l'impact financier de la décision du gouvernement américain en lien avec «Healthcare.gov» est faible pour une entreprise comme CGI qui génère des revenus annuels de quelque 10 milliards $.

M. Yaghi ajoute que le risque le plus menaçant est que la réputation de CGI soit entachée, ce qui pourrait compliquer la tâche de l'entreprise québécoise lorsque viendra le temps de décrocher de nouveaux contrats.

Au cours du premier trimestre, la multinationale québécoise a signé des ententes d'une valeur de 2,8 milliards $, dont 45 pour cent en nouveaux contrats. Cela fait passer la valeur totale des contrats signés au cours des 12 derniers mois à 10,3 milliards $.

À long terme, les dirigeants de CGI voudraient voir les revenus annuels de l'entreprise doubler dans un horizon de cinq à sept ans afin d'atteindre approximativement 20 milliards $.

«Nous sommes présents dans les pays où se font 80 pour cent des dépenses dans le secteur des technologies de l'information, a expliqué M. Roach. Notre stratégie ne vise pas à ratisser plus large mais de grandir là où nous sommes déjà.

«(L'acquisition de) Logica nous a emmenés dans plus de pays et c'est maintenant le temps de travailler afin d'y augmenter nos parts de marché», a ajouté le président et chef de la direction de CGI.

Fondé en 1976, CGI est la cinquième plus importante entreprise indépendante de services en technologies de l'information et en gestion des processus d'affaires au monde.

L'action de CGI a culbuté mercredi de 1,76 $, soit cinq pour cent, à la Bourse de Toronto, où elle a clôturé à 33,47 $.

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