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29/01/2014 08:57 EST | Actualisé 31/03/2014 05:12 EDT

Celac : "unité dans la diversité", à distance des Etats-Unis

Le 2e sommet de la Communauté des Etats d'Amérique latine et des Caraïbes (Celac) devait adopter mercredi une "Déclaration de La Havane" marquant "l'unité dans la diversité" de ses 33 pays membres et appelant notamment les Etats-Unis à mettre fin à sa politique d'hostilité à l'égard de Cuba.

Les représentants des 33 pays de la Celac ont travaillé jusque tard dans la nuit de mardi à mercredi pour finaliser les quelque 80 points de cette déclaration qui devrait fixer des objectifs ambitieux en matière de justice sociale, de développement durable et d'intégration régionale.

"La création d'un espace politique commun est primordiale afin d'avancer vers notre objectif de paix et de respect entre nos nations, afin de dépasser les obstacles naturels et ceux qui nous sont imposés", a affirmé Raul Castro à l'ouverture du sommet, en une référence discrète à la politique américaine envers Cuba.

Le régime communiste cubain a reçu de nombreuses marques de solidarité que la déclaration finale devrait traduire en condamnant le sévère embargo économique et financier imposé par Washington à Cuba depuis plus d'un demi-siècle et l'inscription de Cuba sur la liste des pays soutenant le terrorisme établie chaque année par le département d'Etat américain.

Certains points de la déclaration finale ont fait l'objet d'âpres débats à huis clos. De vifs échanges ont ainsi opposé les présidents d'Haïti Michel Martelly et de la République dominicaine Danilo Medina - qui partagent la même île - sur les thèmes migratoires.

Cuba et Panama ont eu des mots sur une déclaration sur l'ex-président vénézuélien Hugo Chavez, principal fondateur de la Celac en décembre 2011 et décédé en mars 2013, en hommage duquel une minute de silence à été observée mardi à l'ouverture du sommet.

La proposition vénézuélienne d'accueillir au sein de la Celac Puerto Rico, "Etat libre associé" aux Etats-Unis a également fait l'objet de longues discussions.

Mais personne n'a quitté la table de négociations, notaient plusieurs diplomates sud-américains, signe que la volonté d'unité à prévalu sur les divergences politiques.

La volonté de conciliation a prévalu

L'esprit de conciliation a dominé, à l'image du président du Guatemala Otto Perez, un ancien général qui a combattu la guérilla de gauche lors de la guerre civile guatémaltèque (1966-1990) et a longtemps dénoncé l'amitié de son prédécesseur social-démocrate avec Cuba, qui a remercié mardi La Havane pour son aide au Guatemala en matière sociale.

La clôture de ce 2e sommet de la dernière née des organisations régionales - qui compte tous les pays du continent à l'exception des Etats-Unis et du Canada - était prévue à 14H00 (19H00 GMT).

Lors de cette cérémonie, le président Raul Castro devait transmettre la présidence annuelle de la Celac à la présidente du Costa-Rica, Laura Chinchilla, en présence du secrétaire général des Nations unies Ban Ki-moon.

Son premier discours en tant que présidente de la Celac devrait faire l'inventaire des défis qu'affronte cette région de 600 millions d'habitants, en particulier en relation avec le changement climatique.

Au-delà des objectifs fixés par la "Déclaration de La Havane" et du soutien diplomatique reçu par Cuba, le sommet a également été l'occasion de nombreuses rencontres bilatérales entre pays de la région.

Les présidents du Chili Sebastian Piñera - venu avec la nouvelle présidente Michelle Bachelet qui prendra ses fonctions dans quelques jours - devait ainsi rencontrer mercredi son homologue péruvien Ollanta Humala, après un verdict de la Cour internationale de justice de La Haye sur leur litige frontalier, favorable à Lima.

Les présidents des deux plus grandes économies de la région, la Brésilienne Dilma Rousseff et le Mexicain Enrique Peña Nieto ont longuement discuté, tout comme les voisins du cône sud, l'Argentine Cristina Kirchner et l'Uruguayen José Mujica.

Alors que Ban Ki-moon a indiqué avoir abordé avec Raul Castro le problème des "arrestations arbitraires" d'opposants au régime communiste, aucun des représentants des 33 pays de la Celac n'a eu de rencontre avec des dissidents, comme cela avait été le cas lors de précédents sommets régionaux à Cuba.

L'opposition cubaine a dénoncé ces jours-ci les interpellations ou mises à l'écart d'une centaine de dissidents pour les empêcher de participer à leur manière au sommet de La Havane.

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