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28/01/2014 12:48 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

USA: Ben Bernanke, un spécialiste de la Grande Dépression crédité de la sortie de crise

Ben Bernanke, qui dirige mardi sa dernière réunion de politique monétaire à la tête de la Réserve fédérale (Fed), est un ancien professeur d'économie spécialiste de la Grande Dépression, crédité d'être parvenu à faire sortir l'économie américaine de la crise.

A la tête de la banque centrale américaine depuis près de huit ans, M. Bernanke, 60 ans, laisse vendredi la place à une femme pour la première fois de l'histoire de l'institution, en la personne de Janet Yellen, qui en était vice-présidente.

Projeté sur le devant de la scène par la crise immobilière et financière de 2008, cet homme discret a été à l'époque vigoureusement critiqué pour son action.

Nommé en 2006 à la succession d'Alan Greenspan qu'on surnommait "l'Oracle" après 18 ans à la direction de la Fed, M. Bernanke a en effet été accusé de devoir éteindre un feu qu'il avait lui même allumé en favorisant une bulle immobilière qu'il n'avait pas vu venir.

Il admet lui-même qu'il a été "lent à reconnaître la crise".

Il s'est ensuite engagé dans une politique de relance monétaire sans précédent face à un choc exceptionnel, maintenant une politique de taux proche de zéro et injectant des liquidités en masse dans le circuit financier.

"Nous avons pris des mesures extraordinaires pour faire face à des défis économiques extraordinaires", commentait-il récemment, rappelant combien les aides aux banques en difficulté avaient été impopulaires.

Il s'est vu surnommer "Ben l'hélicoptère" après un discours prononcé en 2002, aux allures prémonitoires: il y évoquait une théorie de l'économiste Milton Friedman qui décrivait un banquier central arrosant une foule de billets de banque depuis un hélicoptère pour juguler la déflation.

Fier d'avoir accru la transparence de la Fed

Ce spécialiste de la crise des années 30 sera hanté par la volonté de ne pas répéter les erreurs de l'histoire, rappelant que la politique restrictive de la Fed à l'époque n'avait fait qu'accélérer la chute de la production et de l'emploi. "Il faut garder cela à l'esprit lorsqu'on considère les réponses de la Fed à la crise de 2008-2009", se défendait-il encore début janvier à Philadelphie. Il reconnaît avoir passé de nombreuses nuits sans sommeil pendant cette période.

M. Bernanke se dit par ailleurs "fier d'avoir accru la transparence" de la banque centrale, un objectif qui lui tenait à coeur.

En douceur, ce barbu presque chauve, posé et bonhomme, a bouleversé les habitudes de l'institution.

C'est lui qui introduit la tradition d'une conférence de presse quatre fois par an à l'issue de réunions du Comité de politique monétaire. Il publie un objectif d'inflation et innove avec ce qu'il baptise l'outil d'"orientation monétaire", où la Fed dévoile ce qu'elle compte faire.

A ceux qui affirment que sa politique a davantage profité à Wall Street qu'aux ménages américains, il assure avoir au contraire amélioré leur situation financière. "La Fed a fait une importante contribution au bien-être de la classe moyenne et des plus pauvres", se défendait-il en novembre dernier.

Exemple de la réussite par le travail, Ben Shalom Bernanke a grandi à Dillon, petite ville de Caroline du Sud (sud-est). Fils d'un pharmacien et d'une institutrice, il a fait des études brillantes à Harvard avant d'obtenir un doctorat en économie de l'Institut technologique du Massachusetts (MIT) et d'enseigner à la célèbre université de Princeton, dont il a dirigé le département économique de 1996 à 2002.

Nommé gouverneur à la Fed en 2002, il quittera son poste en 2005 pour présider le groupe des conseillers économiques du président George W. Bush, avant que celui-ci le nomme à la tête de la banque centrale pour un mandat de quatre ans. Il sera reconduit par Barack Obama qui louera ensuite son "travail formidable" pour sortir de la crise.

Pour ce père de deux enfants aux goûts simples, incollable sur le base-ball, la félicité suprême consiste à résoudre les mots-croisés du New York Times un dimanche en compagnie de sa femme.

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