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28/01/2014 04:18 EST | Actualisé 29/03/2014 05:12 EDT

Ukraine: le premier ministre Mikola Azarov offre de quitter son poste

KIEV, Ukraine - Le premier ministre ukrainien Mikola Azarov a démissionné mardi et le parlement a annulé les mesures antimanifestations qui avaient provoqué une flambée de violence, deux développements qui pourraient alléger la crise politique qui secoue le pays depuis plusieurs semaines.

Ces annonces représentent deux concessions importantes du gouvernement aux militants qui manifestent pacifiquement depuis deux mois. Les derniers jours ont toutefois été marqués par des affrontements sporadiques entre les manifestants et les forces de l'ordre.

Les manifestations ont éclaté quand le président Viktor Ianoukovitch a refusé de signer une entente avec l'Union européenne au profit d'un accord avec la Russie. Le mouvement s'est depuis transformé en plaidoyer pour un respect accru des droits de la personne, moins de corruption et plus de démocratie dans ce pays de 45 millions d'habitants.

Le départ de M. Azarov éliminerait un des dirigeants les plus détestés par l'opposition. Sa démission ne réglerait toutefois pas d'autres questions, comme la démission réclamée de M. Ianoukovitch ou la demande d'élections.

M. Ianoukovitch a accepté la démission de son premier ministre mais lui a demandé de demeurer en poste sur une base intérimaire, en attendant la formation d'un nouveau gouvernement. Le président n'a pas fourni plus de détails.

L'annonce de M. Azarov est survenue tout juste avant l'ouverture d'une session parlementaire spéciale pendant laquelle ont été abolies les lois antimanifestations qui avaient donné lieu à des affrontements musclés entre la police et les manifestants.

Dans un communiqué publié mardi sur le site Web du gouvernement ukrainien, Mikola Azarov explique son geste en souhaitant qu'il constitue un compromis socio-politique pour ramener l'ordre dans le pays.

Un des principaux leaders de l'opposition, Arseni Iatseniouk, a louangé la décision du parlement.

«Nous avons renversé les lois contre lesquelles tout le pays s'était soulevé», a-t-il déclaré.

Les manifestants accusaient M. Azarov de corruption et d'avoir mal géré l'économie. Il était aussi tenu pour responsable du recours à la force par la police, en tant que chef du gouvernement.

Le parlement examinera des mesures d'amnistie mercredi. M. Ianoukovitch a déjà déclaré que les militants arrêtés ne pourront être libérés que si les manifestants acceptent de mettre fin à leurs démonstrations et de libérer les édifices gouvernementaux dont ils se sont emparés.

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