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28/01/2014 10:39 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Syrie: les négociations ont été de courte durée mardi, mais doivent reprendre

GENÈVE - La colère du gouvernement syrien à l'égard d'une décision américaine de rétablir l'aide à l'opposition a amené le médiateur des Nations unies à couper court aux négociations de paix, mardi, mais il a soutenu que personne n'était à blâmer pour l'impasse et que les discussions se poursuivraient.

Une entente devant permettre l'acheminement de l'aide humanitaire à Homs demeurait bloquée, la délégation syrienne réclamant des garanties que l'aide des États-Unis ne profiterait pas aux «groupes armés et terroristes» dans la ville assiégée.

Le médiateur en chef Lakhdar Brahimi s'est dit soulagé de voir que le gouvernement et l'opposition comptaient poursuivre les négociations quotidiennes jusqu'à vendredi, tel que prévu.

Les discussions en étaient à la cinquième journée, mardi, et s'attardaient aux appels de l'opposition à la formation d'un gouvernement de transition en Syrie et à l'acheminement de l'aide à Homs.

M. Brahimi a dit avoir décidé de couper court aux négociations, mardi, «sans qu'il y ait eu requête ou pression de quiconque».

Il a confirmé que la délégation du gouvernement syrien avait largement signifié son opposition à la reprise de l'aide américaine.

Des responsables américains ont indiqué lundi que les États-Unis avaient repris l'aide non militaire à l'opposition syrienne, plus d'un mois après que des activistes d'Al-Qaïda eurent dérobé des entrepôts.

Les négociations ardues entre le régime syrien et l'opposition ont été interrompues plus tôt que prévu mardi, pour donner le temps au régime de Bachar el-Assad de formuler une nouvelle proposition concernant l'avenir du pays.

La cinquième journée de négociations semblait n'avoir enregistré aucun progrès concernant un éventuel départ du président Assad et la mise en place d'un gouvernement intérimaire.

Le médiateur Brahimi avait lancé la session matinale avec un rappel du communiqué de Genève de juin 2012, une proposition large mais ambitieuse appuyée par l'Occident et la Russie comme point de départ pour les négociations. Ce communiqué ne fait toutefois aucune mention du rôle de M. Assad.

En milieu d'après-midi, Murhaf Joueijati, un membre de la Coalition nationale syrienne, a annoncé aux journalistes, à Genève, que les pourparlers avaient pris fin pour la journée, pour permettre à la délégation syrienne de déposer une proposition concernant l'avenir du pays, dans le contexte de l'accord de 2012.

La proposition présentée lundi par le gouvernement avait été rejetée par l'opposition, a dit M. Joueijati, parce qu'elle n'avait rien à voir avec un gouvernement intérimaire.

En Syrie, un représentant de l'ONU continue à négocier avec les rebelles de Homs pour permettre l'évacuation des civils, selon ce qu'ont affirmé mardi le gouverneur provincial et un militant.

Le gouverneur de la province de Homs, Talal Barrazi, a déclaré par voie de communiqué que des policiers, des ambulanciers et des membres du Croissant-Rouge syrien sont prêts à organiser l'évacuation, «mais nous attendons la réponse de l'ONU».

Une entente portant sur l'évacuation des femmes et des enfants de Homs a été conclue il y a deux jours, à Genève. Des convois d'aide devraient aussi pouvoir pénétrer dans la ville, mais M. Brahimi affirme que le tout est ralenti par des problèmes de sécurité.

La vieille ville de Homs est assiégée depuis près de deux ans.

«Nous espérons que l'équipe de l'ONU réussira à s'entendre avec les groupes armés dans la vieille ville pour garantir l'évacuation des civils, a dit M. Barrazi. Nous sommes prêts.»

Un militant installé à Homs a confirmé la tenue de négociations, tout en accusant le gouvernement d'empêcher la région d'être ravitaillée.

«Rien n'a changé depuis les discussions de Genève et hier nous avons été lourdement bombardés», a dit Firas al-Homsi par le biais de Skype. Il a ajouté que les habitants n'ont plus que des olives pour survivre.

L'Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, a confirmé mardi que plusieurs quartiers de Homs ont été attaqués au mortier et à la mitrailleuse lourde. On ne rapporte aucune victime, mais une vingtaine de personnes pourraient avoir perdu la vie lors d'affrontements dans la région d'Alep.

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