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28/01/2014 09:11 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Hollande en avocat ardent des relations d'affaires franco-turques

Le président François Hollande a appelé mardi les milieux d'affaires français et turcs à doper les échanges commerciaux entre les deux pays, après avoir tenté de tourner la page de relations politiques exécrables sous la présidence de son prédécesseur, Nicolas Sarkozy.

"En 2013, plus de 15 milliards de contrats ont été conclus", s'est félicité le chef de l'Etat français devant un parterre d'hommes et de femmes d'affaires français et turcs réunis dans un grand hôtel d'Istanbul, au second jour de sa visite en Turquie.

"Et c'était avant même ma visite, alors imaginez ce que ce sera après", a-t-il plaisanté en réitérant son objectif de porter les échanges bilatéraux à 20 milliards d'euros annuels.

Ce chiffre est "facilement atteignable", a approuvé son homologue turc Abdullah Gül, relevant que le niveau des échanges russo-turcs était deux fois supérieur.

"En cinq ans, on peut y arriver par des investissements croisés, des échanges plus nombreux, des coopérations concrètes dans tous les domaines", a abondé le ministre français du Redressement productif, Arnaud Montebourg, qui accompagnait le président Hollande dans cette visite d'Etat qualifiée d'"historique" par les dirigeants turcs, vingt-deux ans après celle de François Mitterrand.

Arnaud Montebourg a fustigé l'attitude de Nicolas Sarkozy, foncièrement opposé à une entrée de la Turquie dans l'Union européenne, estimant qu'elle avait entraîné "une période de glaciation" dans la relation.

En termes plus diplomatiques, François Hollande a fait valoir devant les milieux d'affaires franco-turcs le climat de "confiance" qu'il s'efforce de restaurer depuis son arrivée au pouvoir afin de surmonter les "tensions" et les "temps morts" du passé.

"Nous ne sommes pas d'accord sur tout" mais "depuis deux ans, le climat politique a changé", a-t-il déclaré, soulignant ne pas pouvoir "admettre que la France qui représentait en 2002 6% des parts de marché en Turquie, soit tombée à 3% en 2012".

François Hollande a ainsi longuement vanté les mérites de la Turquie dont les progrès économiques suscitent "l'admiration de la France", chantant parallèlement les louanges de l'industrie française dans les domaines des énergies nucléaire ou renouvelables, des transports ou de l'agroalimentaire.

Investir en France

Lundi, les ministres français et turcs ont signé une série de déclarations d'intentions et d'accords dans ces domaines et dans celui de la lutte contre les contrefaçons.

L'un d'eux portait sur le projet franco-japonais de la centrale nucléaire de Sinop, dont GDF-Suez pourrait devenir l'exploitant, le groupe énergétique projetant également de construire une nouvelle centrale thermique en Turquie.

"C'est le bon moment pour faire des affaires en Turquie", a confirmé le patron de GDF-Suez, Gérard Mestrallet, l'un des 40 dirigeants économiques et d'entreprise français qui accompagnaient le président français dans son périple turc. Selon lui, "le réchauffement des relations favorise la coopération économique".

Et comme il le fait lors de chacun des ses déplacements à l'étranger et tout particulièrement dans les pays émergents, François Hollande a lancé cet appel aux hommes d'affaires turcs, "venez investir en France !", promettant que "toutes les facilités (leur) seront données" notamment pour la délivrance de visas.

En termes tout aussi diplomatiques, le président turc s'est félicité que les "obstacles" qui s'opposaient à ce renouveau de la relation économique ait été "supprimés" par la visite de François Hollande, tentant pour sa part de rassurer les investisseurs français.

"Parfois il y a des débats politiques un peu rudes (en Turquie) mais aucun ne peut remettre en cause la stabilité" du pays tout comme "aucune insécurité ne peut menacer son équilibre macro-économique", a soutenu M. Gül.

Depuis quelques semaines, son pays est secoué par un scandale politico-financier sans précédent qui éclabousse le gouvernement islamo-conservateur au pouvoir depuis 2002 et inquiète les marchés financiers.

ha/pa/bir

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