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28/01/2014 02:11 EST | Actualisé 30/03/2014 05:12 EDT

Etat de l'Union 2014: volontarisme d'Obama face à un Congrès souvent rétif

Anadolu Agency via Getty Images
WASHINGTON, DC - OCTOBER 31: US President Barack Obama speaks at the SelectUSA Investment Summit on October 31, 2013 in Washington, DC. US President Barack Obama addresses delegations from over sixty countries regarding investment opportunities in the US as part of the Select USA Investment Summit in capital Washington. (Photo by Bariskan Unal/Anadolu Agency/Getty Images)

Barack Obama va présenter mardi des mesures unilatérales pour réduire les inégalités, dont une hausse ciblée du salaire minimum, lors de son discours annuel sur l'état de l'Union face à des élus souvent rétifs à adopter ses réformes.

Attendu à 21h00 au Capitole de Washington, le président des Etats-Unis va reprendre l'un de ses thèmes de prédilection, le soutien aux classes moyennes, à l'orée de sa sixième année au pouvoir et sur fond d'une amélioration graduelle de l'économie.

M. Obama va ainsi annoncer une augmentation du salaire horaire minimum pour les nouveaux contractuels de l'Etat fédéral, à 10,10 dollars, a indiqué la Maison Blanche. Le salaire minimum fédéral est actuellement de 7,25 dollars.

Une proposition de loi sur la hausse du salaire minimum est en préparation au Congrès, mais son passage semble incertain vu l'hostilité des républicains. Un tel coup de pouce bénéficierait directement à près de 17 millions d'Américains, selon l'Economic Policy Institute, alors que le décret de M. Obama ne concernera qu'environ 250.000 salariés.

Ces chiffres illustrent la portée limitée des mesures administratives alors que seule la Chambre des représentants a l'autorité d'engager de nouvelles dépenses.

Le président républicain de la Chambre, John Boehner, a d'ailleurs prévenu mardi que "nous allons observer de près (les actions de M. Obama) parce qu'il y a une Constitution que nous avons tous juré de respecter, lui y compris".

Estimant que le décret de M. Obama allait aider très peu de gens, John Boehner a affirmé lors d'une conférence de presse que "lorsqu'on augmente le coût de quelque chose, on en a moins pour son argent. Et nous savons que les augmentations de salaires minimum dans le passé ont coûté leur emploi à des centaines de milliers d'Américains aux faibles revenus".

Depuis 2011, M. Obama doit composer avec une Chambre à majorité républicaine qui bloque la plupart de ses réformes, notamment fiscales. L'assemblée n'a pour l'instant pas suivi le Sénat, qui a adopté en juin dernier une réforme de l'immigration, grande promesse électorale du président.

Législatives à l'horizon

Les différends sur les recettes et les dépenses ont atteint leur paroxysme en octobre, avec plus de deux semaines de blocage des administrations. Depuis, les élus sont parvenus à un compromis sur des orientations à moyen terme, mais d'autres crises menacent, comme un énième relèvement du plafond de la dette.

De nombreux élus ont surtout leur avenir personnel à l'esprit: toute la Chambre et le tiers du Sénat seront renouvelés en novembre prochain. Les alliés démocrates de M. Obama semblent mal partis pour reconquérir une majorité.

Pourtant, le président a toujours des "objectifs très ambitieux", a assuré lundi son porte-parole, Jay Carney, malgré une année 2013 marquée par de multiples revers, du contrôle de la circulation des armes à l'aide aux chômeurs de longue durée.

Le lancement raté d'un dispositif central de la réforme de l'assurance-maladie, fleuron de son bilan, a aussi laissé des traces dans les sondages.

Mardi matin, une enquête du Wall Street Journal concluait que 33% des Américains interrogés étaient "pessimistes et inquiets" et 26% "incertains et interrogatifs" sur la fin du mandat de M. Obama d'ici à janvier 2017.

M. Carney a assuré que M. Obama restait "optimiste" et même "enthousiaste", alors que la Maison Blanche a présenté 2014 comme une "année d'action".

Le discours, temps fort de l'année politique où les questions internationales ne font d'habitude que de la figuration, est prononcé devant les élus du Congrès, les ministres, les juges de la Cour suprême et les chefs de l'armée, entre autres corps constitués.

Des Américains emblématiques ou méritants auront l'honneur de s'asseoir à proximité de la "Première dame" Michelle Obama pendant le discours: deux rescapés des attentats du marathon de Boston, le premier basketteur NBA ouvertement homosexuel, Jason Collins, ou encore la nouvelle patronne de General Motors, Mary Barra.

De leur côté, des élus démocrates ont annoncé avoir invité deux membres de la famille de Kenneth Bae, un Américain d'origine coréenne condamné par Pyongyang à 15 ans d'internement pour avoir tenté de "renverser" le régime.

Mercredi, M. Obama entamera une tournée de deux jours dans quatre Etats (Maryland, Pennsylvanie, Wisconsin et Tennessee) pour continuer à défendre les thèmes de son discours.

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